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Le voyage de tous les dangers

Benoît XVI se montre parfois téméraire.

Les risques d’un attentat en Turquie, y compris son propre assassinat sont au rouge à  l’occasion d’un voyage qui s’annonce comme celui de tous les dangers.

On se souvient de l’assassinat du prêtre italien Abndréa Santoro en février.

On ne peut oublier les traces dont sont l’objet le clergé catholique et les religieuses accusés de prosélytisme.

Or, le discours incendiaire de Rastibonne , en septembre, a suscité “ et pas seulement dans les milieux islamistes “ une colère vengeresse qui n’est pas encore retombée.

Et, dans le cas présent, la colère, parfois feutrée contre le catholicisme, se double alors d’une haine personnelle contre l’actuel occupant du siège de Pierre : le cardinal Ratzinger, à  l’époque patron de l’orthodoxie romaine au Vatican, n’avait-il pas vivement combattu, en première ligne, l’hypothèse d’une entrée de la Turquie au sein de l’Europe , qualifiée de décision contre l’Histoire.

Ainsi le motif religieux est multiplié par une véritable raison politique. Sans oublier la maladresse persistante chez le pape Ratzinger à  vouloir continuer à  dénommer Constantinople la ville qui s’appelle désormais Istambul ¦.

Au départ, le voyage du pape en Turquie “ il avait été prévu bien avant « l’accident » Rastibonne “ avait essentiellement pour objectif de renouer les liens avec l’orthodoxie chrétienne, passablement mis à  mal sous le pontificat précédent. La controverse de Rastibonne a changé la donne même si l’essentiel des rencontres du pape se fera avec les autorités catholiques et orthodoxes.

En effet, « l’événement » Rastibonne n’est pas un accident de parcours. Il y a chez Benoît XVI une volonté, peut-être subconsciente, de provoquer. En réalité, cette volonté n’est que l’expression dans une circonstance particulière “ la montée de l’Islam dans le monde “ d’une pente vers un catholicisme intransigeant que l’on peut résumer ainsi et sans caricaturer : « en dehors de l’Eglise (catholique) pas de salut ! »

Une vision totalisante de la Vérité qui fait assurément courir aux hommes et aux femmes de notre temps les plus grands risques.

On ne rencontre pas impunément et longuement, le 1er aoà»t 2005, dans sa résidence d’été des papes à  Castel Gondolfo , la passionaria italienne (aujourd’hui décédée), Oriana Fallaci (« la rage et l’orgueil »), critique implacable des raisons religieuses et culturelles qui, à  son sens, amènent le monde musulman à  défier l’Occident et la chrétienté.

Joseph Ratzinger, devenu pape, s’est tout simplement pris les pieds dans le tapis du « choc des civilisations » dont un de ses principaux collaborateurs, le cardinal-vicaire de Rome, Camillo Ruini, est un fervent partisan.

Benoît XVI en a-t-il, à  la faveur de ce voyage périlleux en Turquie, qu’il doit, au contraire, user de son autorité religieuse pour contribuer à  réintégrer l’islam positivement dans la grande histoire intellectuelle du bassin méditerranéen. La teneur de ses discours à  Istambul apportera certainement un début de réponse.

Mais sans illusion, il portera davantage sur la forme que sur le fond.

Benoît XVI est un pape déterminé. Concernant les relations entre la Rome catholique et l’ancienne Byzance “ le véritable objectif du voyage “ force est de constater que les deux poumons (oriental et occidental) de l’Europe ont à  cette occasion la possibilité de recomposer la fracture séculière entre l’Occident et l’Orient chrétiens pour bâtir une grande Europe chrétienne, la grave visée théologico-politique de Benoît XVI.

D’o๠la volonté du pape actuel de faire sortir l’Eglise catholique de l’impasse oecuménique dans laquelle celle-ci a été entraînée sous le pontificat précédent de Jean Paul II ; au point que ce dernier, malgré son désir, n’a pu accomplir un voyage en Russie à  cause de l’opposition de l’Eglise orthodoxe l’accusant de prosélytisme avec sa « nouvelle évangélisation ».

Or, sur l’échiquier géopolitique de la chrétienté, le patriarcat de Constantinople est le passage obligé pour, un jour, peut-être, se rendre à  Moscou afin de rencontrer le Patriarche de toutes les Russies : le grande dessein que s’est fixé Benoît XVI.

Car Rome et Moscou sont obligés, face aux défis de l’histoire, de trouver des chemins de convergence pour affronter la sécularisation du monde moderne et¦ la montée de l’islam. et cet itinéraire passe par Istambul .

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