Un autre regard sur l’information !

Quand La Vie s’occupe des Béatitudes…

Un encadré, signé Jean-Pierre Denis, accompagne l’information publiée par La Vie sur ce qui est en fait un recadrage pur et dur de la pratique des « Beatitudes ». Pour nous à  Golias, ce qu’écrit J.P. Denis a comme un air de déjà  vu ou plutôt de déjà  vécu. On imagine à  le lire que les critiques “ et peut-être les coups de semonce – n’ont pas manqué après la parution il y a un peu moins d’un an d’un premier reportage, lucide, sur cette étrange communauté. On sait maintenant après la parution d’analyses diverses (dont celles de Golias) comment fonctionne cette structure, avec son ou plutôt ses gourous, avec sa pratique confuse et dangereuse qui se pare du vocable étrange de pratique  » psycho-spirituelle »

Après avoir salué ce que pouvait avoir de positif la démarche romaine « qui a donc décidé de poursuivre l’expérience et refusé de donner un blanc-seing (et dont) les mesures prises sont sages et modérées, (qui) réjouissent même, comme on se réjouit de voir un médecin soigner avec prudence un malade, dans l’intérêt du malade lui-même », J.P. Denis se laisse aller à  quelques confidences à  peine discrètes mais qui n’en témoignent pas moins de cette étrange pratique ecclésiale (notamment) qui consiste à  casser le thermomètre plutôt que de soigner la fièvre. En l’occurrence ce n’est pas le cas et c’est heureux, mais que de temps perdu, que de victimes à  des degrés divers qu’on aurait pu éviter.

« Voici moins d’un an, en effet, la Vie avait longuement pesé, réfléchi, et même hésité avant de publier un long article sur certains abus, et notamment sur dette confusion entre psychologie, spiritualité et psychothérapie qui est aujourd’hui repérée et dénoncée officiellement. L’enquête de la Vie “ mesuré, recoupée, prudente “ n’avait suscité aucune contestation sur le fond de la part des intéressés. Elle apparaîtra désormais comme justifiée aux yeux même de ceux qui purent, à  l’époque, s’étonner de la lire dans nos colonnes. Oui, il s’est trouvé des voix de catholiques pour nous reprocher e dire du mal de nos frères. Pas parmi nos, lecteurs, il est vrai, ni même parmi les évêques, souvent au courant du dossier et inquiets des dérives que nous relevions. Mais parmi ces drôles de paroissiens qui préfèrent taire les problèmes plutôt que de les régler, ou qui confondent trop souvent le messager avec la nouvelle elle-même : lorsque celle-ci est mauvaise, on aurait tort de la donner. »

Bienvenue au club, camarade ! La citation est un peu longue mais c’est préférable quand on veut juger sur pièces. Nous connaissons, et de longue date, les paroissiens dont vous parlez.. Nous savons leur pouvoir de nuisance, nous avons pu juger sur pièces de la puissance des réseaux qu’ils pouvaient mettre en oeuvre. Nous avons pu, au fil des années, mesurer la pusillanimité de notre Eglise quand il s’agissait de mettre fin à  des pratiques qui déshonorent ceux qui s’y adonnent mais qui sont en même temps de terribles contre-témoignages. Il y a dans l’épiscopat français des hommes courageux et lucides mais c’est l’institution elle-même qui se révèle le plus souvent incapable d’affronter la difficulté et de mettre en place les thérapies absolument nécessaires.

C’est plutôt sympathique de voir un confrère découvrir une réalité qui est la nôtre depuis longtemps. Otez-nous toutefois d’un doute : vous avez certainement versé à  votre dossier l’enquête de Golias sur les Béatitudes publiée sous le titre « Les marchands d’âme » même si vous n’en avez pas fait état. Mais pouvons nous considérer qu’il n’y a vraiment aucune arrière pensée chez vous quand vous écrivez que vous avez  » longuement pesé, réfléchi, et même hésité avant de publier un long article sur certains abus (ou que) la décision prise souligne l’intérêt d’un journal chrétien comme La Vie : libre , responsable, utile ». Croyez-vous être les seuls ? Vous n’allez quand même pas nous resservir le refrain chanté par cet épiscope, dont la postérité ne retiendra sans doute pas le nom, qui se demandait il y a quelques années si Golias pouvait encore être considéré comme un journal catholique. Mais, rassurez-vous, nous avons, nous aussi, la prétention d’être « libres, responsables et utile » et nous préférons parler des problèmes plutôt que de les taire et de laisser la gangrène proliférer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À la suite de Jean ?

Année A. 2ème Dimanche de l’Avent, Mt 3, 1-12 Une soudure tardive entre deux personnages Des éléments dont nous disposons sur le personnage de Jean le Baptiste (peu précis et parfois contradictoires), il ressort que Jean et Jésus sont vraisemblablement

Lire la suite »

Euphémie

C’est une tendance naturelle de l’esprit humain, qui ne se satisfait pas de la vision normale, factuelle des choses, qu’elle recouvre pour s’en protéger d’un voile embellissant. Mais cette intention consolatrice ne doit pas faire oublier la falsification du réel,

Lire la suite »
Europe

Europe : l’immigration inéluctable

Selon les projections officielles d’Eurostat, la population de l’Union européenne diminuera d’environ 9 % d’ici à 2050 par rapport à 2025 si les migrations cessent totalement. Le déclin devrait se poursuivre au cours des décennies suivantes, pour atteindre 23 %

Lire la suite »
Economie

Le monde des petites fermes en crise

Selon Terre de liens, 40 000 petites fermes ont disparu en France ces trois dernières années. La cartographie établie traduit « un véritable plan social à bas bruit » selon Coline Sovran, chargée de plaidoyer de l’association. Ce qui favorise

Lire la suite »
Inégalités

Trente ans de fabrication de la pauvreté

Le Secours catholique décrit l’intensification de la pauvreté en France dans son 30e rapport sur la question. Celle-ci frappe d’abord les mères seules, les enfants, les ressortissants étrangers et les malades. Le résultat de politiques qui fabriquent cette pauvreté. Pour

Lire la suite »
Follow us on Social Media