Un autre regard sur l’information !

Il parle d’or (Claude Bébéar) ou Quand la finance devient folle

Je trouve que la crise des subprimes frise l’escroquerie. Qu’est-ce, en effet, qu’une subprime ? Un agent généralement une banque, prête de l’argent sur trente ou quarante an à  un malheureux client inconscient des risques qu’il prend.

Il souscrit et, comme il s’est endetté au maximum de ses possibilités, il ne pourra pas payer si les taux augmentent. Le préteur cherche alors un gogo suffisamment stupide pour reprendre ce produit trop risqué. Aucune chance de le trouver sur les marchés! L’agent s’adresse alors à  un mathématicien, généralement français, qui va bâtir un produit dit « structuré »… dans lequel une chatte ne retrouverait pas ses petits. Après cette astucieuse construction, on demande à  une agence de « rating » de donner une notation à  ce produit. Ladite agence emploie des jeunes gens très sympathiques, parfois même intelligents, mais qui, souvent, ne comprennent rien au  » produit structuré » qu’on leur offre (je caricature à  peine). Ceux-ci notent d’un triple A ou double A qui va permettre de vendre le produit. On peut le refiler directement au consommateur de base, qui ne comprend pas grand-chose, mais la chose la plus étonnante, c’est qu’on le vend aussi à  des institutions comme Axa par exemple. Nous avons chez nous des gens qui les achètent, peu, j’espère ! D’abord parce qu’ils sont payés pour ça à  la commission (Il faut donc qu’ils fassent des affaires). Ensuite ils se fient aux avis des sociétés de rating (« rating »AAA. Rating AA… c’est excellent, je prends ! « ). Ils sont jeunes, ça leur passera. Mais, quand ça leur passera, ils feront autre chose et d’autres jeunes gens les remplaceront et feront les mêmes erreurs. C’est comme ça que le système fonctionne. Au départ, on a une opération légale mais à  la limite de l’honnêteté. On répartit ensuite les risques sur tout le marché. On évite donc le risque systémique, ce n’est pas l’émetteur qui fera faillite, mais le malheureux qui se situe au bout de la chaîne. […] Chose admirable !

Extraits de l’intervention du président du conseil de surveillance d’AXA, le 17 octobre2007, à  l’occasion d’un colloque de la Fondation Res Publica. www.fondation-res-publica.org
Cité par Marianne (N° du 26 janvier au 1er février 2008)

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