Un autre regard sur l’information !

Le village de l’espoir

Résumé des épisodes précédents :
Marc, veuf, retraité, devenu plus ou moins incroyant, reçoit un mail inespéré de son fils installé au Brésil dans lequel il lui annonce son prochain mariage avec une Brésilienne catholique !
Le 15 aoà»t, date anniversaire de la mort accidentelle de sa femme, une anticléricale, assistera-t-il à  la
cérémonie célébrée dans l’église à  la restauration de laquelle il a contribué ?

Marc, par principe, refuse de croire aux coïncidences qui seraient dues non au hasard mais à  l’action divine ou aux intercessions de proches disparus. Il juge infantile l’idée d’établir une corrélation entre les services qu’il a rendus à  la paroisse et les retrouvailles avec son fils qui, de surcroît, lui annonce son intention de se marier avec une catholique.
Toutefois, il ne parvient pas à  échapper à  ce dilemme : faire plaisir à  sa voisine et assister à  la cérémonie ou ne pas y assister en mémoire de sa femme morte précisément ce jour-là . En même temps, il ne se résout pas à  l’idée qu’elle ait disparu dans le néant comme si leur amour qui lui semble encore vivant était le garant d’une existence supranaturelle.
Le 14 aoà»t au soir, il médite longuement avant de trouver le sommeil : aucune zone du cerveau exploré à  l’aide d’instruments performants ne correspond à  l’amour. Alors, d’o๠vient cet amour ? Emanerait-il de Dieu ? Le 15 aoà»t, Marc acceptant finalement d’accorder à  Dieu, au bénéfice du doute, le droit d’exister, décide d’assister à  la cérémonie célébrée pour fêter la restauration de l’église et le retour du tableau de la Vierge allaitante. Tous les villageois sont là , pratiquants ou simplement croyants et même les trois mécréants, dont Marcel, le maire, qui ont voulu rendre un hommage posthume à  Cintia, leur ancienne factrice, sans qui l’église n’aurait jamais été restaurée. Tandis que les fidèles chantent Ave, Ave, Ave Maria¦ Albertine, une vieille femme, au premier rang, égrène son chapelet dans un fauteuil roulant.

« Comment est-elle descendue à  l’église ? s’enquiert Marc.
– C’est le maire qui est monté la chercher dans sa camionnette ; finalement, ce n’est
pas un mauvais cheval. Il a du mérite car le chemin est difficilement praticable ¦ »

Grâce au blog de Marc, des touristes français et étrangers passent quelques nuits chez lui, prennent leur repas à  l’auberge dont les patrons envisagent d’embaucher un marmiton.
Christian, nommé professeur de français au Brésil et sa fiancée Ana, éducatrice, passent les fêtes de Noà«l chez Marc. La jeune femme découvre les plaisirs de la neige en décembre dans l’hémisphère nord et avant de retourner au pays invite son futur beau-père à  leur mariage religieux, qui sera célébré à  Aparecida, dans l’état de Sà£o Paulo.
Aparecida ? commente silencieusement Marc, la ville o๠Benoît XVI a prononcé un discours qui n’a pas été apprécié par tout le monde.
Fin janvier, Marc apprend qu’ Albertine souffre d’une mauvaise grippe. .

« Par qui l’avez-vous su ? demande-t-il à  sa voisine.
– Par le maire qui est monté la voir hier midi. Elle voudrait communier avant de
mourir, mais le curé de Nasseja souffre d’une sciatique carabinée. Son souhait ne pourra pas être exaucé, ¦ à  moins que ¦
– A moins que ¦ ?
– A moins que quelqu’un aille lui porter l’hostie ¦
– Oui.
– Mais o๠la met-on pendant le trajet ?
– Dans une custode. Vous pourriez pas vous en charger par hasard ?
– Mais, pour moi, l’hostie n’est qu’une fine rondelle de pain et pas autre chose.
– Pour vous, peut-être, mais pour Albertine, c’est le corps du Christ. C’est ce que m’a expliqué le curé. Le Christ n’est présent que s’il y a entre Lui et le communiant une relation de confiance¦ ou de foi, si vous préférez. »

Marc ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre cette relation et celle qu’il entretient avec sa femme défunte mais tellement présente dans son esprit et dans son coeur.
Dans la foulée, il constate avec plaisir que le curé ne fait pas partie des béni-oui-oui. Il lui demandera pourquoi, dans une parabole qui lui revient à  l’esprit, le Christ lance à  tous les paumés une invitation à  partager son repas sans y mettre de conditions, tandis qu’un autre jour, il met à  la porte celui qui n’a pas revêtu le vêtement de noce.

Le lendemain, tel Tharcisius, Marc, en dépit de la neige et du verglas, porte la communion chez Albertine qui, à  ce jour, est encore de ce monde.

Désormais, Marc rencontre régulièrement le curé de Nasseja avec qui il cherche à  expliquer les contradictions de l’évangile. Il explore une piste : celle de la chronologie des paraboles dont, paraît-il, on ignore encore à  quel moment précis elles ont été prononcées. Il ne serait pas fâché de découvrir que la parabole des vierges insensées, laissées à  la porte, a été prononcée au début de la mission alors que Jésus était imprégné de la Torah et que l’invitation à  tous les paumés, sans exclusive, d’entrer au paradis a été faite au terme des trois années, comme s’Il avait enfin compris que son Père était essentiellement un Dieu amour.

FIN

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