La cause de Mgr Romero fait encore débat à Rome. Assassiné en mars 1980, l’archevêque de San Salvador, conservateur au début de sa carrière, s’était « converti » à la cause des pauvres, découvrant ainsi la théologie de la libération. Une trajectoire qui ne fut pas pour plaire aux plus traditionalistes qui aujourd’hui encore comme dans le passé, s’opposent à ce qu’il soit reconnu comme martyr. Enquête sur une cause bloquée.
De son vivant, le moins que l’on puisse dire est que les positions évangéliques de Mgr Oscar Arnulfo Romero, archevêque de San Salvador n’ont pas été très appréciées du Vatican. Le cardinal Sebastiano Baggio, en charge des questions sud-américaines, au début du Pontificat de Jean Paul II, poursuivait Romero de son hostilité. Vingt huit ans exactement après son assassinat, la suspicion continue.
A l’époque, à la fin des années 70, le Nonce apostolique au Salvador, le maltais Emmanuele Gerada, exerçait une pression très forte sur l’archevêque, se faisant écho aux dénonciations de Mgr Aparicio, l’évêque de San Vicente, un traditionaliste proche des milieux militaires d’extrême droite. L’assassinat de Dom Oscar en faisait un martyr, ce qui était encore plus gênant. […]




