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L’OPA des fonds privés sur les hôpitaux

La multiplication des acquisitions de cliniques par des fonds d’investissement étrangers est inquiétante à  plus d’un titre. En particulier lorsqu’un train de mesures annonce la privatisation progressive de l’hôpital public. Sacrifiés sur l’autel de la rentabilité, patients et personnels en feront les frais.

Connaissez-vous Blackstone ? Premier fonds d’investissement dans le monde créé en 1985 par deux anciens financiers de Wall Street, il faisait ses premiers pas le 22 juin 2007 pas sur le New York Stock Exchange, la principale Bourse américaine. La même année, Blackstone gérait 88,4 milliards de dollars (66 milliards d’euros) placés dans des entreprises aussi diverses que les marques Schweppes, Deutsche Télékom, les hôtels Hilton, Equity Office, numéro un de l’immobilier de bureau aux Etats-Unis, la chaîne Hospital Corporation of America, le plus grand groupe hospitalier du monde avec 273 établissements, majoritairement étasuniens…
Appétit qui ne connaît pas de limite, puisque le nouveau terrain de chasse de Blackstone est le tissu hospitalier privé français. Son fer de lance : le groupe de santé français Vitalia, créé en 2006, qui était fin 2007 en passe d’être à  la tête d’une cinquantaine de cliniques grâce aux 900 millions d’euros investis par Blackstone. La technique : mettre sur la table le minimum de cash pour racheter une entreprise, généralement moins d’un tiers, le solde étant couvert par un emprunt remboursé chaque année grâce aux profits de l’entreprise. La dette peut atteindre jusqu’à  80 % du prix de rachat, et la rentabilité de l’opération n’est acquise qu’à  la revente, cinq ans plus tard en général, à  un autre fonds d’investissement qui s’endette à  nouveau. Annoncé par la presse à  la mi-mai, Blackstone met en vente dès à  présent le groupe de cliniques Vitalia. Restructuration, développement et bénéfice de deux à  trois fois la mise initiale. Bref, ce qu’on appelle un système de « cavalerie », à  la limite de la légalité, sur lequel les banques ont longtemps fermé les yeux, d’autant qu’elles revendaient ces risques sur le « marché de la dette ». Tout ceci est parfaitement immoral (Bernard Tapie en connaît un bout sur la question), mais le terme a-t-il un sens dans les milieux d’affaires ?

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