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Afghanistan : Dans les coulisses de la guerre

D’après nos informations, le Président Karzaï a demandé à  l’Arabie Saoudite de servir d’intermédiaire avec les Talibans. Pendant que, parallèlement, les ambassadeurs anglais et français envisagent le recours à  un «dictateur à  la tête de l’Afghanistan.

Le bourbier afghan nous démontre que les Occidentaux ont besoin des Afghans et les Afghans, des Occidentaux. Si les uns ou les autres pensent qu’ils peuvent se passer les uns des autres, ils ont tous tort. Le dilemme c’est que depuis huit ans, les Occidentaux ont fait passer au second plan la Reconstruction au profit de la lutte contre les talibans et/ou le terrorisme international, tandis que les Afghans ont constamment confondu la construction de l’Afghanistan détruit par 20 années de guerre et fragilisé par plus de 70 années de développement improvisé avec la réhabilitation de l’ancien régime : les dirigeants afghans omettent toujours de se souvenir de l’Histoire du pays. Font-ils exprès ou sont-ils toujours les petits enfants des paysans et des nomades à  culture orale qui n’avaient pas d’histoire mais seulement une mémoire racontée ?

Depuis huit ans, les Occidentaux ont instrumentalisé les chefs de guerre pour atteindre leurs propres objectifs et ont complètement oublié l’attente du peuple afghan quant à  la construction d’une nouvelle société. Si la mère afghane avait enfanté un vrai fils afghan, elle lui demanderait d’exiger des comptes de Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU, de Monsieur G.W. Bush, et de l’ensemble de la communauté internationale. Pourquoi ont-ils perdu tant de temps pour construire l’Afghanistan politique, économique et social ? Alors que la crise économique et financière impose la récession au monde entier, nos informations font état de la main tendue par le Président Karzaï à  l’Arabie Saoudite pour qu’elle serve de médiateur avec les talibans. Un rapprochement avec les talibans signifiera l’abandon du peu de progrès réalisé en matière de démocratie, des droits de l’homme et de la femme, des droits de la presse et l’abandon de l’espoir d’embrasser un jour la modernité.

Médiation de l’Arabie Saoudite

Quels mots choisir, quels moyens employer pour faire comprendre à  la communauté internationale que les malheurs de l’Afghanistan dans lesquels sont mêlés le peuple afghan et la communauté
internationale, prend son origine dans les héritages de la gouvernance tribale. Rappelons que l’alliance avec les chefs de tribus faisait des sujets de ces chefs de véritables esclaves qui ont été  » libérés  » au moment et grâce à  la guerre contre l’Union Soviétique. Par ailleurs on sait aussi que, récemment, lors d’un entretien, les ambassadeurs de France et du Royaume Uni à  Kaboul, ont évoqué l’intérêt d’un éventuel recours à  un  » dictateur  » pour l’Afghanistan. Le recours à  ce type d’hypothèse ramènerait l’Afghanistan un siècle en arrière, à  l’époque o๠un roi, Abdul Raman, soutenu par les Anglais, avait fait une alliance avec les chefs de tribus et les chefs religieux, pour faire de l’Afghanistan  » son  » royaume, au détriment du peuple.

C’est ce roi-là  qui a empêché dans les années 1880 toute marche vers la modernité, tous contacts avec l’extérieur du pays. Il a interdit que les Britanniques construisent un réseau de chemins de fer, des lignes télégraphiques¦ Un tel retour en arrière serait la négation délibérée des 3 millions d’exilés qui n’ont pas retrouvé leurs maisons, du million et demi de morts, du million et demi de blessés laissés sans soins, dans une économie entièrement détruite par la guerre contre l’URSS et la guerre inter-ethnique.

Le recours à  un dictateur ?

Le retour à  une dictature signifierait la re-création d’un Afghanistan  » état-tampon  » qu’on laisserait entre les mains d’  » Afghans sauvages qui refuseraient la modernité  » ! Ni la guerre, ni le retour d’un dictateur, ni le retour des talibans ne sont la solution. Le peuple afghan attend du gouvernement afghan et de la communauté internationale qu’ils s’attaquent à  la construction d’un Afghanistan en paix, porteur de l’espérance de l’ensemble des populations des paysans et nomades .

Habib Haidera

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