Un autre regard sur l’information !

L’hommage tue le message

Soeur Emmanuelle s’est donc éteinte à  la veille de se 100 ans qu’elle aurait eu le 16 novembre prochain. Très connue pour son action en faveur des plus pauvres, notamment auprès des chiffonniers du Caire dans les bidonvilles de la capitale égyptienne les plus miséreux. Femme de terrain, Soeur Emmanuelle a toujours su joindre la parole au geste. Elle ne se gênait pas en effet pour interpeler les grands de ce monde quant à  leurs responsabilités concernant l’avancée du front de la misère à  l’échelle de la planète.

Très lucide sur elle-même, elle reconnaissait que sa médiatisation l’a grisée parfois, Soeur Emmanuelle était fondamentalement modeste et son aura médiatique n’en a jamais fait un monstre sacré inapprochable, loin de là  ! Elle avait gardé cette simplicité, celle des sans grades de la charité qui agissent discrètement au quotidien, qu’ils croient en Dieu ou pas, afin de faire reculer les barrières de l’injustice sociale. Dans ce sens , Soeur Emmanuelle est bien une sainte – puisqu’on nous pose la question ! – une sainte de la charité qui savait redonner la dignité à  l’humanité blessée et éprouvée.

Une sainte dans la pure tradition évangélique. Mais une sainte que l’Eglise catholique aura du mal à  béatifier ou à  canoniser. Et tant mieux après tout ! La voir figurer au panthéon des saints o๠se trouvera prochainement un Pie XII, aux abonnés absents lors de la Shoah et o๠se planque désormais un Escriva de Balaguer de l’Opus Dei, non merci !

En effet, si le Vatican fait monter sur les autels sans aucun problème des hommes – beaucoup ! – sur lesquels il n’est pas très regardant au sujet de leurs comportements sociaux et humains, à  partir du moment o๠ils affichent leur soumission au pape et mènent une vie pieuse. Les autorités romaines sont en revanche très vigilantes sur la manière dont une future sainte a appliqué la doctrine catholique dans le domaine de la morale familiale et sexuelle en particulier, mais aussi dans le registre de la discipline du célibat ecclésiastique. Or, sur ces deux points, Soeur Emmanuelle avait la même liberté de parole que celle qu’elle affichait à  l’adresse des grands de ce monde. En matière de contraception, elle ne cachait pas son désaccord profond avec l’enseignement du magistère de l’à‰glise catholique sur ce point. […]

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