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La trilogie hôpital psy-rue-prison

Lors d’un débat télévisé, un psychiatre auteur d’un ouvrage au titre évocateur, « la sarkose obssesionnelle »1 rappelait que le degré de civilisation d’un pays se mesurait à  la manière dont il traite ceux de ses citoyens qui se situent « aux marges » : prisonniers et malades mentaux. Dans la continuité de notre précédent dossier («la diagonale du fou» – Golias hebdo n°56), nous prolongeons notre analyse sur la situation de la psychiatrie en France.

A cet égard, l’article du Monde du 6 décembre sous le titre « Psychiatrie : la régression sécuritaire » est particulièrement éclairant.
Pour l’auteur, Cécile Prieur, le discours tenu par Nicolas Sarkozy à  l’occasion de sa visite du 2 décembre, d’un établissement psychiatrique, restera dans les annales « comme un point de rupture, un moment de fracture entre la communauté médicale et les pouvoirs publics. Annonçant la multiplication des moyens d’enfermement au sein des établissements et un durcissement des conditions de sortie des patients hospitalisés d’office, le chef de l’Etat a surpris et choqué les professionnels du soin ». Et de souligner que ce discours qui s’inscrit dans une ligne que l’on ne connaît que trop bien, nourrie de compassionnel, d’improvisation et de coups de tête, est à  l’évidence « au mieux inadapté, au pire dangereux ».
Il est symptomatique que quelques jours après le drame survenu à  Grenoble (cf. Golias Hebdo n°56), le chef de l’Etat se précipite sur des solutions de type carcéral : création d’unités fermées avec vidéosurveillance, multiplication des chambres d’isolement, pose de bracelets GPS aux patients en promenade¦ On ne saurait mieux faire passer le message que tout patient hospitalisé sous contrainte est un individu dangereux dont la société doit se prémunir. Est-ce toutefois conforme à  la réalité ? Notre société fantasme sur la dangerosité des malades mentaux mais considère comme une fatalité les crimes commis par les truands (cf. par exemple la médiatisation du procès Ferrara, le nouveau Mesrine), les amants jaloux, les chauffards, voire cette délinquance « économique » qui, pour gagner quelques points de marges supplémentaire, est prête à  toutes les¦ imprudences. Sait-on que sur les 51.411 mises en examen en 2005 pour crimes et délits, 0,4% seulement ont fait l’objet d’un non-lieu pour irresponsabilité pénale (liée à  leur santé mentale).
Dans le cadre de la politique prônée par Nicolas Sarkozy, quel sera le sort réservé aux 600.000 personnes souffrant à  ce jour de schizophrénie ?
[…]

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