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Tiers-monde : l’aggravation de la crise alimentaire mondiale

 » La  » crise qui nous préoccupe, notre crise financière a fait plus de bruit qu’une autre crise, pourtant plus grave, la crise alimentaire qui a affecté les pays du Sud depuis un an. Rappelez-vous, sur nos écrans de télévision, ces images d’émeutes de la faim qui ont secoué une quinzaine de pays et ont été réprimées par la force armée.

Une explication rassurante a été avancée : la hausse du niveau de vie en Chine et en Inde ; des hommes mangent plus et mieux, là -bas. Mais le phénomène ne date pas de deux ans et il se trouve que ces deux pays sont exportateurs de céréales, sauf en 2004 pour la Chine. Quant à  l’Inde, elle a importé en 2006, 6 millions de tonnes de blé, tout en exportant 4,7 millions de riz. Il faut donc chercher d’autres causes et, certes, des calamités naturelles ont joué un rôle dans certaines régions. Mais, plus encore, la conversion de produits agricoles en biocarburants a pesé lourd. Aux à‰tats-Unis, la production de maïs destinée à  l’éthanol est passée de 41 millions de tonnes en 2005-2006 à  79 millions de tonnes en 2007-2008.

Le rôle des bourses américaines

Or trois Bourses américaines (Chicago, Minneapolis et Kansas City) déterminent les cours mondiaux des produits alimentaires. Pourtant, la part des exportations dans la production mondiale des aliments est faible. Un pays comme la Chine absorbe la quasi totalité de sa production et n’intervient sur le marché que pour exporter en général, ou importer parfois, des quantités très limitées. Il n’empêche que les prix des marchés d’exportation sont fixés aux à‰tats-Unis – qui disposent, par contre, de grandes quantités à  exporter -, dans ces trois Bourses principales et déterminent les prix jusque sur les marchés locaux. Ainsi, le prix du maïs, du blé mais aussi du riz à  Mexico ou à  Tombouctou dépend de l’évolution du cours des céréales sur les marchés boursiers des à‰tats-Unis.
La hausse, entre janvier 2006 et mars-avril 2008, de 120 à  190 % des prix des céréales et des oléagineux, s’explique aussi par la spéculation financière. Jacques Berthelot, spécialiste de l’agriculture, relève ainsi une hausse de 31 % du prix du riz en la seule journée du 27 mars 2008. Ce n’est évidemment pas une pénurie soudaine qui peut expliquer de pareils phénomènes. Le New York Times du 22 avril 2008 soulignait qu’au moins 300 milliards de dollars provenant de Wall Street s’étaient investis sur le marché agricole. Une autre bulle spéculative qui, comme les autres, peut exploser un jour ou l’autre¦
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