Un autre regard sur l’information !

Nouveaux faux pas

Une annonce par le président de la République lors de la séance de rentrée de la Cour de cassation est, en général, un évènement qui mérite qu’on s’y attarde quelque peu surtout quand elle est précédée d’une rumeur laissant craindre une nouvelle foucade de Nicolas Sarkozy. Ce fut toutefois, ce mercredi 7 janvier, une première tant dans la forme que dans le fond.

La forme d’abord : dans son désir, plutôt exacerbé, de faire bouger les lignes, le président a voulu adapter son style à  la solennité du lieu et de la cérémonie qui s’y déroulait. S’il a fait le choix d’un « conseil en communication », il conviendrait que Nicolas Sarkozy s’en sépare au plus tôt, et si tel n’est pas le cas, il serait urgent qu’il prenne conscience qu’il y a un temps – et un ton – pour chaque chose. En effet, le ton adopté devant la plus haute instance judiciaire de ce pays était en tel décalage qu’on croyait entendre un discours de comice agricole : sourires appuyés quêtant peut-être des applaudissements, fausse décontraction, débit haché, bref une démonstration navrante de la mort de l’art oratoire qui fut une partie de notre patrimoine !

Le fond ensuite, et c’est bien plus grave : l’annonce de la suppression de la fonction  » juge d’instruction » est à  la fois révélatrice et inquiétante. Elle met en lumière plusieurs dérives profondément troublantes.

A vouloir se poser en rénovateur absolu, en inventeur permanent d’une nouvelle forme de gouvernance, en héritier (à  sa façon) d’Alexandre ou de Napoléon, tout en jetant l’opprobre sur certains de ses prédécesseurs « rois fainéants », le président de la République perd à  chacune de ses apparitions un peu plus de crédibilité. Or la France a plus que jamais besoin à  l’Elysée d’un gouvernant qu’elle puisse au moins estimer à  défaut de l’aimer : Nicolas Sarkozy voudrait déconsidérer l’institution qu’il incarne qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Question de forme dira-t-on ! Ce serait trop vite oublier que depuis son élection, il a multiplié comme à  loisir les faux-pas en matière d’attitudes et de choix symboliques appelés à  prendre, de ce fait, une dimension et une résonance dont il a sans doute mal mesuré l’importance.

Golias

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À la suite de Jean ?

Année A. 2ème Dimanche de l’Avent, Mt 3, 1-12 Une soudure tardive entre deux personnages Des éléments dont nous disposons sur le personnage de Jean le Baptiste (peu précis et parfois contradictoires), il ressort que Jean et Jésus sont vraisemblablement

Lire la suite »

Euphémie

C’est une tendance naturelle de l’esprit humain, qui ne se satisfait pas de la vision normale, factuelle des choses, qu’elle recouvre pour s’en protéger d’un voile embellissant. Mais cette intention consolatrice ne doit pas faire oublier la falsification du réel,

Lire la suite »
Europe

Europe : l’immigration inéluctable

Selon les projections officielles d’Eurostat, la population de l’Union européenne diminuera d’environ 9 % d’ici à 2050 par rapport à 2025 si les migrations cessent totalement. Le déclin devrait se poursuivre au cours des décennies suivantes, pour atteindre 23 %

Lire la suite »
Economie

Le monde des petites fermes en crise

Selon Terre de liens, 40 000 petites fermes ont disparu en France ces trois dernières années. La cartographie établie traduit « un véritable plan social à bas bruit » selon Coline Sovran, chargée de plaidoyer de l’association. Ce qui favorise

Lire la suite »
Inégalités

Trente ans de fabrication de la pauvreté

Le Secours catholique décrit l’intensification de la pauvreté en France dans son 30e rapport sur la question. Celle-ci frappe d’abord les mères seules, les enfants, les ressortissants étrangers et les malades. Le résultat de politiques qui fabriquent cette pauvreté. Pour

Lire la suite »
Follow us on Social Media