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La disgrâce de Sodano a sonné

Le lecteur français est spontanément porté à  concevoir le monde de la Curie comme très uniforme, soudé autour d’une vision conservatrice très figée des choses, sans grandes différences de vue. Il néglige les divisions et les factions, qui sont souvent loin de découler de facteurs purement idéologiques, et tiennent parfois simplement aux origines et à  des ambitions toute personnelles.

Ainsi, pendant de longues années, un clan s’était formé de prêtres incardinés à  Plaisance (Piacenza), petit diocèse de Lombardie dont dépendait le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat de Jean Paul II de 1979 à  1990. Simultanément, un groupe de prélats formait le clan de «Brisighella» du nom du village natal du cardinal Achille Silvestrini (et du cardinal Dino Monduzzi qui devait au premier sa barrette rouge). Enfin, alors que le cardinal piémontais Angelo Sodano occupait la charge de secrétaire d’Etat, c’est le Piémont qui fut à  l’honneur avec des prélats comme l’actuel cardinal Giovanni Lajolo, l’actuel cardinal Francesco Marchisano, le cardinal Carlo Furno ou Mgr Celestino Migliore, devenu en 1995 à  seulement 43 ans sous-secrétaire pour les relations avec les états. Il est vrai qu’il n’était pas seulement piémontais mais appuyé par un cardinal en ce temps de très grande influence, Mgr Pio Laghi.

Dans ce feuilleton de l’été, nous ne cultivons pas la prétention de rendre compte de façon exhaustive des luttes d’influence au sein de la Curie. Un tel panorama serait d’autant plus difficile à  entreprendre, et incertain, qu’il faudrait tenir compte de tous les revirements, de tous les positionnements doubles ou triples, de toutes les alliances parfois étonnantes. Plus modestement, nous évoquerons la constitution, les intrigues et les déboires d’un réseau bien précis qui s’est constitué à  la fin des années 1980 autour de Mgr Angelo Sodano, et que l’on peut qualifier de « politique » (conservatisme modéré doublé d’un grand pragmatisme). Au sens peut-être o๠Jules Romains (Farigoule de son nom d’état civil) pouvait définir la politique comme l’« art des moyens pour parvenir à  une fin que l’on n’avoue pas ». En l’occurrence, la conquête du maximum de pouvoir.

[lire l’intégralité de l’article dans Golias Hebdo n°90]

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