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Jésus recherché par la foule

Entre la multiplication des pains de dimanche dernier et la recherche de Jésus par la foule au début de l’évangile d’aujourd’hui, Jean relate le récit du Christ rejoignant ses disciples sur la mer houleuse. Le lecteur a donc connaissance d’une scène qui est une invitation à  ne pas avoir peur avec celui qui peut dire : « je suis », comme Dieu au Mont Sinaï ! (v 20. Cf. 8, 58)

Ce n’est pas sans importance puisque le dialogue à  Capharnaà¼m porte sur l’identité de Jésus. Qui est-il pour pouvoir parler ainsi et demander qu’on croie en lui ? (v 30) Les auditeurs ne comprennent pas ce que leur dit Jésus et cette méprise permet à  Jean de faire progresser la révélation du Fils, encadrée par un double Amen (v 26 et 32). Dans les deux cas, c’est du pain dont il est question parce qu’il ne s’agit pas d’être rassasié une fois mais de l’être pour la vie et la foule est bien disposée à  oeuvrer pour autre chose qu’une nourriture périssable (v 27-28). Mais pourquoi donc demande-t-elle un signe alors qu’elle vient d’assister à  la prodigieuse multiplication des pains ? Sans doute parce que le prophète (Cf. v 14) devait dire ce qu’il allait faire. Jésus ne répond pas à  cette attente et il déplace la perspective : des oeuvres, il passe à  l’oeuvre de Dieu comme il invite à  ne pas se nourrir seulement des « pains » mais du « pain de Dieu » et ses interlocuteurs le suivent dans ce passage du pluriel au singulier (v 30). Ils n’ont pourtant pas perçu la nouveauté du « Fils de l’Homme » (v 27). Le Père (v 27) est bien son Père (v 32) ! Mais là  encore, la foule acquiesce en demandant au « Seigneur » ce pain-là  (v 34)¦

On sent bien qu’il y a une incompréhension entre Jésus et ses auditeurs mais ceux-ci sont, pour l’heure, prêts à  entendre son enseignement. De fait, les juifs ont bien compris que le pain dont on leur parle, c’est la Loi donnée par Dieu à  Moïse et qui est la nourriture quotidienne du peuple. La méprise ne porte et ne portera pas sur un éventuel cannibalisme comme s’il fallait manger l’Envoyé. La définition de la transsubstantiation n’est pas non plus le problème de Jean, ni le nôtre ! Plus important est que le passage déjà  noté du pluriel au singulier s’accompagne d’un autre passage : celui du passé au présent. Alors qu’on demande à  Jésus un signe futur en faisant référence à  un événement passé, le Fils affirme que le Père donne aujourd’hui le pain éternel (v 32) et, ce faisant, il pointe la source du don. L’oeuvre de Dieu, c’est la foi en Celui qu’il a, Lui, envoyé (v 29) ; il faut chercher la nourriture de vie qu’Il donne (v 33)¦ Reste à  savoir si le peuple acceptera de voir en Jésus le Fils ! Et puisque Jean a mis le texte au présent, c’est sans doute pour que nous nous sentions concernés par la question ! On pourrait la reformuler pour qu’elle nous questionne autrement : pourquoi « recherchons-nous » Dieu ? Pour quelques avantages dont la disparition nous ferait perdre la foi ? Une mesquinerie que les auditeurs de Jésus ne peuvent assumer ! Sommes-nous prêts à  « oeuvrer » comme Lui et avec Lui ?

A voir dans le pain brisé et partagé sa chair livrée et donnée pour la vie¦ Si le déroulement de la scène ressemble à  celle de la rencontre avec la Samaritaine, le pain de la vie complétant l’eau vive promise,
la conclusion en sera différente¦ Suspense ! C’est le feuilleton évangélique de l’été !

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