Le « procès Becciu », dont la dernière phase est en cours (plaidoiries des avocats de la défense et verdict), se veut la vitrine du « grand nettoyage » opéré au Vatican (cf. dossier Golias Hebdo n° 780). Mis en cause dans l’affaire de l’achat d’un immeuble à Londres, Angelo Becciu, qui a dû quitter sa fonction de substitut à la secrétairerie d’Etat en 2018, encourt une peine de sept ans et trois mois de prison. Le procès met en lumière une véritable culture de l’espionnage au sein de la Curie romaine, tristement illustrée depuis des décennies par des scandales de corruption. Le procès a dépeint le Vatican comme une sorte de foyer d’espionnage à l’image d’accusations mutuelles, entre le premier auditeur général du Vatican, Libero Milone, d’un côté, et de l’autre le cardinal Becciu et le chef de la Gendarmerie vaticane, Domenico Gianni. Libero Milone, qui se décrit comme celui qui a « découvert le pot aux roses », a été remercié par son chef de l’époque, Angelo Becciu, en 2017. Selon le cardinal, l’auditeur aurait espionné les affaires financières privées de hauts fonctionnaires du Vatican, dont lui-même. Libero Milone a assuré pour sa part que son bureau était sur écoute et que les ordinateurs et téléphones de son équipe étaient sous surveillance. Des observations qu’il a signalées à la police de la Cité du Vatican, sans obtenir de réponse. Une passivité qu’il a expliquée par le fait que le chef de la police, Domenico Gianni, était lui-même visé par son enquête. Ce dernier a ensuite démissionné pour des raisons indépendantes de l’affaire.
Autre figure emblématique du procès, Cecilia Marogna, analyste géopolitique autoproclamée, a travaillé pendant des années comme « agent secret privé » du cardinal. Elle aurait notamment agi comme intermédiaire pour la libération d’une religieuse enlevée au Mali. Une opération prétendument approuvée par le pape. Ce qui a été démenti à la fois par les services de renseignement italiens et par le pape François. Cecilia Marogna a déclaré avoir constitué pour Angelo Becciu des « dossiers » sur les manquements moraux privés de hauts fonctionnaires du Vatican. Travail pour lequel ni elle ni le cardinal n’ont fourni de justification légale. L’Italienne a également, au cours du procès, fait des déclarations dignes de romans de gare, en affirmant avoir des liens avec des affaires aussi diverses que la « Loge P2 », la disparition d’Emmanuela Orlandi en 1983 ou encore les « Vatileaks ».
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