Le catholicisme n’a pas le monopole des dérives sectaires et des mélanges douteux médecine/spiritualité. Attirés par le « naturel » et le « sacré », de nombreux Français de confession musulmane se laissent séduire actuellement par la « médecine prophétique », une pseudoscience islamique importée d’Arabie saoudite, basée sur une lecture rigoriste des hadiths, recueils des dires, faits et gestes attribués à Mahomet. Dans laquelle il est question de Coran, de conseils de santé, de miel et de bistouris… La « médecine prophétique » est apparue au IXe siècle, et est toujours pratiquée, associée aux exorcismes roqya, en particulier dans les milieux rigoristes et sous influence saoudienne. Elle a été évoquée en France en 2020, en lien avec les questions de séparatisme. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’y intéresse de très près, ainsi que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
Alexandre Ballario
Jeunes croyants : le péril identitaire
Une toute récente enquête de l’Ifop rappelle que la France compte 7 % de musulmans (contre 37,5% d’athées et 43% de catholiques). Le grand remplacement attendra. En revanche, les musulmans sont davantage pratiquants (80 %) contre 43 % en moyenne