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Uber en blouses blanches : on va vous soigner !

Les déserts médicaux s’étendent jusque dans le cœur des grandes villes et les établissements de santé et d’accueil des malades et personnes dépendantes affrontent une pénurie constante de personnel qualifié. Gestionnaires et technocrates affirment détenir les moyens de résoudre ces maux. Ils annoncent le salut par la « disruption numérique » de l’organisation de la santé. L’économie de « plateformes » et l’intelligence artificielle permettront tout à la fois de fluidifier le marché de l’emploi des soignants et ainsi de suppléer au manque de personnel médical. Déjà, des sociétés commerciales se sont emparées du marché. De nombreux dysfonctionnements apparaissent, qui laissent présager que les services rendus seront bien peu à la hauteur des promesses. C’est le progrès !

 

Quand une technique est disponible… elle est toujours utilisée. On ne voit jamais de moyen technique connu qui ne soit pas mis en œuvre. Cela ne se fait pas sans heurts, conflits, espoirs, déceptions ou danger. Parfois, les avantages de l’usage sont considérables, parfois les inconvénients tout autant. Il est difficile de prévoir la balance des avantages et inconvénients, puisque l’usage même de la technique transforme parfois profondément le champ de son application. Par exemple, les antibiotiques ont sauvé des millions de vies humaines avant que ne se développent de multiples souches de bactéries résistantes, agents de maladies nosocomiales parfois fatales. Les nouvelles techniques peuvent être mises sous le boisseau – ce n’est que temporaire – selon la force du pouvoir qui entend en différer, aménager ou détourner les effets. On l’a vu à propos de l’imprimerie qui a été accompagnée d’un accroissement immédiat et considérable des dispositifs de censure, laïque ou religieuse, utilisant eux-mêmes… l’imprimerie pour accroître leur force.


En 2007, Steve Jobs a concentré, dans un petit boîtier individuel portable, un ensemble de techniques informatiques et de communication qui étaient utilisées jusqu’alors séparément par des systèmes de grandes tailles qui ne les associaient pas. Le Smartphone – qui sert encore aujourd’hui accessoirement à téléphoner – a surtout permis de développer des modes de communication où chaque appareil est utilisé comme un terminal d’ordinateurs interconnectés (Internet). La majorité des utilisateurs peuvent adresser une requête ou recevoir une information à peu près n’importe où, n’importe quand, et assez souvent gratuitement ou à un coût modique. Trois repères anthropologiques – le temps, l’espace et la valeur sociale d’un objet ou d’un service – s’en trouvent considérablement bouleversés. Tout est fait pour que la prise de conscience de ces bouleversements demeure restreinte. La notion de gratuité est exemplaire de cette illusion. Il est aisé à chaque usage de son Smartphone, d’oublier qu’on l’a acheté ainsi que l’abonnement qui permet de s’en servir (il y a là-dessus des stratégies commerciales éprouvées !). On veut ignorer que les informations « gratuites » sont financées par la vente de données personnelles recueillies par les diffuseurs. Le temps, quant à lui, est une gêne à la hauteur de l’épuisement de la quantité de données disponibles en un temps donné. C’est aussi une rupture des cycles ordinaires de la sociabilité et de la physiologie, puisque la « disponibilité permanente » est de rigueur, jour, nuit et sans respect de l’intimité. L’espace qu’on voulait abolir devient épreuve par la rupture du service liée aux « zones blanches ».

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