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Relativisme

Il peut ouvrir salutairement l’esprit de l’homme, en augmentant son champ de vision et en le disposant à être tolérant vis-à-vis de comportements différents du sien. Mais il peut aussi relever de la plus parfaite indécence. C’est le cas du retour en politique de l’ancien ministre condamné pour mensonge et fraude fiscale Jérôme Cahuzac. (Source : marianne.net, 27/11/2023)


Sur France Inter, le lundi 27 novembre, il a relativisé sa faute passée, en critiquant la morale de Kant dont il a contesté l’universalité. On sait que le philosophe allemand, au nom de l’« impératif catégorique », a défendu une morale universelle, incarnée par exemple dans la maxime connue : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en règle universelle. » La règle est générale et obligatoire : par exemple, pour Kant, il ne faut pas mentir, en aucune circonstance. Mais c’est ce que notre repris de justice ne peut accepter, lui qui ; dans sa fonction ministérielle, devant lutter contre la fraude fiscale, l’a pratiquée tout en soutenant le contraire « les yeux dans les yeux ». S’abritant derrière un scepticisme déresponsabilisant, il soutient dans l’interview ci-dessus qu’on ne peut pas savoir si les maximes des Fondements de la métaphysique des mœurs sont opposables à tout homme. En somme, après avoir sans vergogne détourné de l’argent, le voilà maintenant qui détourne la pensée d’un grand philosophe.


En incriminant les alliances électorales des socialistes avec LFI, il sous-entend que tout le monde ayant quelque chose à se reprocher, il n’est guère plus coupable qu’un autre. Évidemment, ce nihil admirari jésuite, ce « ne s’étonner de rien », vise à tout excuser et à donner à l’ancien délinquant une seconde chance. Mais sa faute demeure très grave. Il a contribué, par son comportement, à décrédibiliser la classe politique, à saper la confiance des citoyens pour leurs représentants, en laissant penser que l’impunité pouvait dispenser d’exemplarité.

Pour cette raison, même s’il a purgé sa peine d’emprisonnement (en Corse, avec un bracelet électronique), la moindre des choses aurait été qu’il se fasse oublier, qu’il ne revienne pas dans le champ politique, et qu’il ne fasse pas ainsi son apologie en public. Le dégoût nous prend à voir ce comportement. Mais comme il l’a choisi, il n’y a pas vu d’abjection. Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique)

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