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Animal

Notre époque lui est totalement dévolue et lui rend une sorte de culte, comme je l’ai entendu au Journal de 13 heures de France Inter (22/12/2023). Ainsi sept Français sur dix allaient offrir pour Noël un cadeau à leur animal de compagnie, certains cadeaux pouvant aller jusqu’à 100 euros. Une interviewée, parlant de son chien, a même dit qu’il était « son enfant ».

 

Une telle nouvelle montre d’abord ce que tout un chacun a pu aisément constater, que Noël est devenu une gigantesque fête de la consommation et de l’échange de cadeaux, sa signification religieuse (l’incarnation de Dieu) étant très majoritairement ignorée. C’est au surplus un formalisme, puisque dès le lendemain de la fête beaucoup de cadeaux ne convenant pas ont été revendus sur Internet. Dans l’histoire, c’est seulement l’économie capitaliste qui gagne, via la circulation de l’argent.

 

Ensuite, on voit bien que lorsqu’on ne croit plus en Dieu, on croit en n’importe quoi, comme en la valeur prééminente d’un animal auquel on veut faire plaisir. Ou plutôt on s’imagine : car quel retentissement Noël peut-il avoir dans la tête d’un animal ?

 

L’attachement à celui-ci est omniprésent aujourd’hui. C’est un signe de paganisme, où peut mener un antispécisme caricatural : les animaux nous sont consubstantiels, bénéficient d’une pure égalité avec nous. Ils nous dispensent par exemple d’avoir des enfants, car les soins qu’ils nous coûtent sont moindres que les sacrifices imposés par la paternité. Et de toute façon nous aimons notre égocentrisme narcissique, auquel nous pousse tout l’air du temps, marqué par le crépuscule du Devoir. Donc nous pouvons faire de nos animaux de compagnie nos idoles, comme l’empereur romain Caligula qui avait nommé son cheval consul. Rien ne doit être trop beau pour eux, et peu importe que les seules sommes consacrées aux cadeaux que nous leur faisons pourraient faire la joie de tant d’humains dans le dénuement. Les premiers sont si fidèles, et les seconds si étrangers, si lointains !

 

Combien de fois, dans mes flâneries, ai-je entendu telle promeneuse dire à son quadrupède en laisse que « Maman » s’occupait bien de lui ! Combien de fois ai-je eu envie de lui dire qu’en Chine on mange les chiens ! Mais je me range maintenant à l’idée que dans la Crèche de Noël le bœuf et l’âne ne sont là que pour mettre en valeur l’Enfant. On ne peut y voir qu’une subordination. Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique)

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