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Bénédictions des couples « irréguliers » Un effroi douloureux

« Fiducia supplicans », qui ouvre la possibilité aux catholiques à la vie sexuelle « irrégulière » – hommes et femmes homosexuels ou divorcés-remariés  de recevoir une bénédiction en tant que « couple », suscite dans le catholicisme conservateur et plus si affinités une révolte exaspérée ou un silence embarrassé. En France, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, suivi par des confrères de l’Ouest a, le premier, saisi une occasion d’exprimer la rancœur accumulée depuis les lois sur le PACS et le mariage universel. Qu’espèrent-ils de cette fronde et de son petit battage médiatique ? Mesurent-ils qu’ils rendent encore plus inaudible ce qu’ils prétendent défendre et transmettre ? A l’instar du communiqué de la Conférence des évêques de France publié le 10 janvier, qui entretient la confusion et l’ambiguïté en ne validant pas la bénédiction des couples, mais seulement des personnes à titre individuel, contrairement à ce qu’énonce le texte romain approuvé par le pape François qui parle bien de « couples » à bénir…

 

Enfin, François donne suite, dans les faits, à son fameux : « Si quelqu’un est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour le juger ? » Mais qu’avait-il dit et qu’avait-on entendu ? Cette phrase, prononcée en 2013, lors de sa première conférence de presse dans l’avion qui le ramenait des JMJ de Rio Janeiro à Rome, a suscité une empathie démesurée. Démesure en effet, ou plus exactement et comme souvent : erreur d’interprétation, puisque, bien trop souvent, de par son vocabulaire et sa structure, le discours ecclésiastique conduit systématiquement à de fausses interprétations. Une expression claire ne l’est qu’apparemment et seulement au prix – contrairement à la communication sincère – d’être séparée de son contexte. Généralement, celui-ci en atténue le sens, l’obscurcit et finit par révéler que ce qui a été compris était l’opposé du message explicite. C’est pourquoi la communication de l’Église est toujours l’objet de confusions de la part des récepteurs mis en défaut. Cela pourrait être corrigé aisément si les équivoques du langage n’étaient pas un instrument puissant du pouvoir lorsqu’il entend se soustraire à la critique argumentée. Aussi, devons-nous accueillir, avec la plus grande circonspection, les propos de ceux qui veulent éclaircir le sens de Fiducia supplicans. En effet, le texte est parfaitement clair, détaillé dans ses arguments. Ce que nous lisons comme réserves sur ce qu’il aurait d’ambigu dans le texte romain, nous paraît plutôt destiné à apporter de la confusion pour essayer d’en invalider les ouvertures humanistes en matière de pastorale.


Pas plus qu’en 2013, le pape ne revient sur le dogme de l’Église en matière de morale sexuelle. Ainsi le « qui suis-je ? » aurait déjà dû être entendu à sa juste mesure. C’est ce que rappelle Dominique Greiner, religieux assomptionniste, membre du directoire de Bayard. « Souvent la phrase du pape François, « Qui suis-je pour juger ? », a été isolée de son contexte, donnant l’impression que le pape bottait en touche pour ne pas répondre à la question de la journaliste [à propos de la nomination d’un prélat italien à la « banque du Vatican » dont l’homosexualité révélée par la presse avait fait scandale dans les années 1970]. La citation intégrale montre que ce n’est pas le cas. Par ailleurs, de nombreux commentateurs ont interprété ces mots comme exprimant un tournant dans le discours de l’Église catholique sur l’homosexualité. En dehors des sphères confessionnelles, ce supposé tournant doctrinal a été accueilli très positivement. »1 Le pape avait clairement maintenu que l’homosexualité est un péché qui peut être pardonné. Il avait cependant pris soin – ce qui a son importance – de différencier en matière sexuelle péché et crime (nommant les abus).

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