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Nouveau tour d’écrou
de Bruno Le Maire

Nouvel épisode d’austérité en vue. Officiellement, les 10 milliards de baisse de crédits publics serviront à adapter l’économie française à un continent européen durement frappé par les répercussions de la guerre en Ukraine. Force est de constater que le gouvernement a mis de côté tous les scenarii pouvant lui permettre de lever cet argent sans mettre à mal les services publics et la cohésion sociale.

 

A son départ du ministère de l’Education nationale pour devenir Premier ministre, Gabriel Attal promettait, le 9 janvier dernier : « J’emmène avec moi, ici à Matignon, la cause de l’école. » Il ajoutait : « Je réaffirme l’école comme la ‘‘mère de nos batailles’’ à qui je donnerai tous les moyens nécessaires pour réussir. » Avant son départ de la rue de Grenelle, le jeune ministre avait ainsi assuré la création de 2 137 postes d’enseignants supplémentaire par rapport à ce que le budget 2024 avait prévu initialement, afin de mettre en application ses réformes, destinées à produire un « choc des savoirs ».

 

Pourtant, dès la fin du mois suivant, les promesses se sont envolées : c’est sans doute près de 11 000 postes qui seront supprimés. Des milliers d’enseignants seront touchés, mais aussi 4 600 auxiliaires de la vie scolaire ou accompagnants d’élèves en situation de handicap. La coupe remet en cause les réformes lancées par Gabriel Attal lors de son passage éclair à la tête du ministère : la mise en place des groupes de niveau nécessite près de 7 000 postes, soit déjà trois fois plus que les postes qui avaient été promis. Sans compter la réforme du redoublement qui, elle aussi, demande des postes supplémentaires pour entrer en vigueur. Ce chiffre de 11 000 postes a été évalué par le site spécialisé dans l’actualité du monde de l’éducation, le Café pédagogique (22.02.24), après la publication au Journal officiel de deux décrets d’annulation. Ainsi, 692 millions d’euros sont retirés du budget de l’ancien ministère de Gabriel Attal. En sont aussi retranchés, 500 millions du plan d’accompagnement à la transition écologique, destinés à améliorer la qualité thermique des écoles. Dans le domaine connexe de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, la baisse de crédits publics sera de 900 millions.

 

La portée des deux décrets est beaucoup plus large. Il s’agit en fait d’un plan d’économies massif, annoncé par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, bien décidé, se réjouissent Les Echos (18.02.24), à « mettre l’Etat à la diète ». Le budget 2024 va être amputé de 10 milliards d’euros, en plus des 16 milliards de baisse de crédits déjà inscrits dans le budget de cette année, liés pour l’essentiel à la suppression du bouclier énergétique. L’annonce de Bruno Le Maire a été faite, au journal de 20 heures de TF1 du dimanche 18 février, après avoir ramené de 1,4 % à 1 % la prévision de croissance de la France pour l’année en cours. Cette production de richesses en berne justifierait, pour l’exécutif, ce programme d’austérité. « Tous les ministères contribueront à hauteur de ce qu’ils représentent dans le budget national », a précisé Bruno Le Maire. L’objectif affiché est de maintenir le déficit public à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) malgré les tensions internationales et le ralentissement économique de la Chine et, surtout, de l’Allemagne à la fois privée de l’énergie bon marché venue de Russie et d’une partie de ses débouchés en Eurasie. La situation est telle que la presse d’outre-Rhin est des plus alarmiste…

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