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Salon de l’agriculture : de la jachère à la friche politique

En déstructurant volontairement le champ politique depuis le début de son premier septennat, le président Macron a créé les conditions d’un profond désordre démocratique dont, après la crise des Gilets jaunes et celle des retraites, celle des agriculteurs montre que les dégâts ne cessent de s’amplifier. « Qu’ils viennent me chercher ! » disait-il pour éluder de s’exonérer de l’affaire Benalla. Au Salon de l’agriculture, la violence a répondu à l’imprudente injonction ! C’est la légitimité du pouvoir démocratique qui a été menacée et insultée en la personne du chef de l’État. « Macron démission » est un cri séditieux, pas une contestation de sa politique. Parce qu’il n’y a plus d’espace politique.

 

Depuis que le gouvernement est aux prises avec certains agriculteurs, le président Macron va quelque peu à l’aveuglette. Impéritie – il n’a rien vu venir malgré son copinage avec la FNSEA –, coups de communication (M. Attal, Premier ministre aux champs sur sa botte de paille), tolérance abusive – et très sélective – les manquements graves à l’ordre public, se sont soldés par une avalanche de promesses irréalisables ou dangereuses pour le bien commun. Et ça n’a pas suffit. Tout au contraire, on a vu les bonnets jaunes de la Coordination paysanne, animée et soutenue par le RN, prendre ouvertement la tête du mouvement et empêcher pendant plusieurs heures le président de la République d’inaugurer le Salon de l’agriculture.

 

Avant ce triste épisode, retiré sur son Aventin, le président de la République a laissé le Premier ministre errer et s’empêtrer dans des promesses de promesses de mesures dont on verrait bientôt les effets. Jeu pipé en défaveur de M. Attal, qui – le bras déjà tordu par l’émeute – ne pouvait faire plus que ce qu’il faisait, d’autant que la FNSEA n’a pas fait un geste pour l’aider un peu… Alors, tombant la veste, le président propose de rééditer le coup du prétendu Grand Débat. Il va tout prendre en charge et réduire les contradictions qui opposent écologistes, agriculteurs, agro-industriels et distributeurs. Tout le monde repartira content. Quels travers de pensée rendent crédibles un tel projet ?

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