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L’exécutif dans le cercle vicieux des ‘‘économies’’

A mesure que le gouvernement ajuste ses baisses de crédits publics, les réactions se font jour, de la Cour des Comptes à une partie des députés soutenant le camp présidentiel pour lui demander d’activer plutôt la hausse des impôts des plus riches.

 

« Il faudra qualifier la magnitude de l’ajustement qu’il faut faire et il faudra ensuite le compléter dans toutes les actions utiles de la dépense publique », a entonné Emmanuel Macron, vendredi 22 mars, en abordant le sujet des futures coupes budgétaires. Et d’ajouter qu’« il faut voir la magnitude, la raison de ce dérapage et voir derrière d’où il vient et donc qui y contribue ». L’austérité devrait viser, sans les nommer, les collectivités locales et les dépenses de la Sécurité sociale, comme celles de l’assurance-chômage, selon le président de la République : « La dépense publique n’est pas faite que la dépense d’État. »

 

Après l’annonce par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, de l’annulation de 10 milliards d’euros de fonds publics, qui concerne les dépenses de l’Etat, un nouveau tour de vis est déjà en préparation pour 2025 dans le but de diminuer de nouveau les dépenses publiques de 20 milliards. Cette fois, ce sont les collectivités locales et les administrations de sécurité sociale qui seraient dans le viseur. « Compte tenu des résultats 2023 et de la révision de nos prévisions de croissance pour 2024, je dois vous le dire en transparence : pour construire le budget de l’an prochain et pour tenir notre objectif de ramener le déficit sous 3 % d’ici 2027 (…), nous devons porter notre effort de 12 à 20 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour l’année 2025 », a expliqué Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics, lors d’une audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 6 mars dernier.

 

L’exécutif a été pris à contre-pied. Il espérait pouvoir diminuer les dépenses sociales de manière indolore grâce à la remontée de la croissance française depuis l’année 2020. L’opposition avait fortement critiqué les hypothèses de croissance sur lesquelles le gouvernement avait bâti son budget. Au lieu des 1,4 % de croissance prévus, l’augmentation de l’activité économique se limitera à 1 %, comme l’a reconnu Bruno Le Maire, mi-février, sur TF1. Ces quelques dixièmes de point de croissance absents vont se traduire par des milliards d’euros en moins pour les caisses de l’Etat : moins de TVA, moins d’impôt sur les sociétés, moins d’impôts sur le revenu…

 

La politique du gouvernement étant de continuer à orienter 210 milliards d’euros vers les plus gros patrimoines et les plus grosses entreprises, il doit limiter les dépenses sociales, en particulier quand la croissance ralentit. Le gouvernement s’est fixé une trajectoire pour les déficits publics, qui doivent passer de 5 % en 2023 à 4,4 % cette année, avec pour objectif de passer sous la fameuse barre des 3 % en 2027. « La trajectoire du gouvernement, pour se réaliser, nécessite des efforts d’économies sans précédent dans l’histoire récente », a averti Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes (Alternatives économiques, 13.03.24).

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