Prier Dieu d’envoyer des vocations… ou inviter chacun à découvrir et vivre la sienne ?
Ce 21 avril l’Eglise de France célèbre avec une certaine gravité la soixante-et-unième Journée mondiale de prière pour les vocations. Gravité due à la baisse continue du nombre d‘ordinations presbytérales dans les diocèses de l’hexagone que ne suffit pas à compenser la « bonne santé » de quelques communautés qui se sont fait une réputation de fécondité sacerdotale. Mais peut-il suffire de prier encore et toujours le Ciel de nous envoyer de saints prêtres, alors que les plus âgés des catholiques de France se souviennent de le faire depuis leur plus tendre enfance, sans avoir pu empêcher la crise actuelle ? Et comment expliquer cette focalisation sur les seules vocations « sacerdotale et religieuses » alors même que le « Message » du pape François pour cette journée rappelle que c’est chaque baptisé qui est appelé à discerner et faire vivre sa vocation propre, au service de la Mission de l’Eglise ?
Une baisse générale des ordinations
On peut lire dans les « brèves » de La Croix – du 19 avril dernier – l’information suivante : « Les évêques de la province de Reims (Amiens, Beauvais, Châlons, Langres, Reims, Soissons, Troyes) vont marcher, chacun dans leur diocèse respectif, une semaine pour prier pour les vocations sacerdotales et religieuses du 29 avril au 4 mai. Une marche qui s’inscrit dans le prolongement de la Journée mondiale des vocations, célébrée cette année le dimanche 21 avril. Les catholiques de ces sept diocèses sont invités à venir partager un moment de cette marche avec leur évêque. » Une initiative parmi d’autres dans un contexte bien connu, que l’on sait marqué notamment par le vieillissement des congrégations religieuses, partout en France, où couvents, monastères et abbayes viennent nourrir un nouveau marché de l’immobilier. Mais c’est surtout la chute vertigineuse des ordinations presbytérales qui interpelle : 88 en 2023 contre 122 l’année précédente. Une baisse initiée dans les années 1950 et depuis lors continue. Elle ne touche pas la France seule mais l’ensemble des pays marqués par la sécularisation, le nombre d’ordinations suivant plus ou moins la même courbe que celle de la pratique religieuse.
Et la fausse querelle sur l’effondrement des séminaires diocésains à l’heure où les communautés plus « classiques » pour ne pas dire traditionnelles comme Saint-Martin connaîtraient un attrait croissant n’y changera rien. Le 2 novembre 2022, dans son discours d’ouverture pour l’Assemblée plénière d’automne, à Lourdes, son président Mgr Eric de Moulins Beaufort s’adressait aux évêques en ces termes : « La plus grande partie de nos travaux va être consacrée à la transformation de nos Églises particulières et de notre Église en France. Cette transformation est rendue nécessaire par le petit nombre des prêtres de nos diocèses et de manière générale des prêtres en France. » Une manière de souligner que la bonne santé vocationnelle de quelques communautés ne fera pas le Printemps.
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