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Déraison

J’ai entendu à l’émission La Terre au carré sur France Inter, le 24 avril dernier, que la technique dite de « l’ensemencement des nuages » pour faire tomber la pluie se pratique dans le monde, dont en France, depuis une soixantaine d’années, sans qu’on ne puisse dire si on obtient grâce à elle un quelconque résultat positif.

 

Ce sont des spécialistes de géo-ingénierie qui le disaient dans l’émission, et je pense que l’on peut leur accorder crédit. De toute façon l’encyclopédie Wikipédia, qui consacre à ce sujet un grand et foisonnant dossier technique de plusieurs pages, en arrive à la même conclusion au seul paragraphe intitulé Efficacité, dont on appréciera la formulation euphémistique : « Compte tenu de la complexité des phénomènes atmosphériques et de la grande variabilité dans le temps et dans l’espace des précipitations, la mise en évidence de l’efficacité des ensemencements est une tâche difficile. Des expérimentations randomisées n’ont pas permis de conclure. »

 

Donc, depuis soixante ans, les hommes, partout à la surface de la planète, mettent en œuvre des techniques pour faire tomber la pluie qui n’ont pas plus d’efficacité que les rogations du catholicisme, ou les processions de la statue de la sainte Vierge à travers les champs. N’y a-t-il pas dans cette obstination quelque chose de déraisonnable ?

 

D’autant qu’on ne sait rien quant au destin des produits ainsi envoyés dans les nuages (neige carbonique, azote, iodure d’argent) : ne peuvent-ils pas ensuite polluer la terre, et de façon indélébile ? Sans parler de la débauche d’énergie mise à lancer ces produits (avions, fusées), vecteurs dont le fonctionnement a évidemment un coût écologique certain. À la déraison s’ajoute donc une grande imprudence.

 

Je vois là un bel exemple de l’aveuglement et de l’hybris humains. Pourquoi pas aussi une persévérance diabolique dans l’erreur ? Ou, dans une civilisation technicienne évoluée, une persistance de la pensée magique ? Sinon, comment expliquer qu’on continue obstinément à croire dans une technique qui ne marche pas ?

 

Je ne sais quelle sera la némésis qui sanctionnera cette hybris. La météo reste encore une image du destin, et on ne peut pas la dompter à son gré. En tout cas, les Anciens avaient bien raison, en disant que Jupiter commence par rendre fous ceux qu’il veut perdre (Quos vult perdere, prius dementat). Michel Théron

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