Un autre regard sur l’information !

Le voile se lève sur le réseau d’influence Atlas

« On arrête les éoliennes parce que les éoliennes, 25 % du temps, tournent à vide : l’énergie ne se stocke pas, on est obligé de la brader à l’étranger ; et ce sont par définition des énergies intermittentes », s’offusquait Jordan Bardela, la tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes, sur BFM TV, à deux jours du scrutin, le vendredi 7 juin. Pour répondre aux besoins énergétiques, le proche de Marine Le Pen « souhaite investir massivement dans le nucléaire ». Ce n’est pas la première fois qu’il fustige les énergies renouvelables à travers les éoliennes. C’était déjà le cas en 2019, lors de la précédente campagne pour le Parlement européen.

 

Une position extrêmement étonnante car elle contrevient au consensus scientifique exprimé par les experts du monde entier réunis par les Nations unies au sein du GIEC : pour limiter la catastrophe climatique en cours, il faut diminuer impérativement les émissions de gaz à effet de serre, notamment en diminuant la consommation globale d’énergie et en basculant rapidement vers les énergies renouvelables ; et dans ce schéma, l’énergie nucléaire n’est mentionnée que pour faire la soudure entre l’ère de l’exploitation intensive des hydrocarbures et celle où les renouvelables auront largement pris le relais.

 

En France, la position du Rassemblement national fait consensus aussi bien à l’extrême-droite que dans le reste de la droite. Une situation qui a attiré l’attention de la journaliste Anne-Sophie Simpere, qui vient de publier un rapport sur un réseau de think tanks américains, des officines menant une guerre culturelle sur des positions extrêmement réactionnaires : « J’étais très étonnée de l’opposition de ces formations politiques françaises contre les éoliennes ou la voiture électrique – alors que si une petite voiture électrique continue de polluer, c’est toujours moins qu’une grosse berline à moteur thermique – car elles correspondaient aux positions pour lesquelles les fondations américaines financent les vues les plus réactionnaires, comme celle des frères Koch », souligne-t-elle auprès de Golias Hebdo.

 

Enquêtant sur des liens entre les deux rives de l’Atlantique, ce qui s’est dégagé n’est pas un conduit entre les milliardaires réactionnaires d’un côté et le flanc droit de la politique française, mais l’existence et le rôle d’un réseau d’officines autour du think tank appelé Atlas, qui est lui financé par les fondations américaines les plus réactionnaires. Ses cinq mois d’enquête ont donné naissance à un rapport très instructif de près de 60 pages : « Le réseau Atlas-la France et l’extrême-droitisation des esprits », disponible sur le site de l’Observatoire des multinationales. Atlas a plus de 500 partenaires dans le monde entier et a joué un rôle en faveur du Brexit lors du référendum ou inspiré le programme ultralibéral du nouveau président argentin.

Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo

Golias ne vit que par et pour ses lecteurs, l'abonnement à nos publications constitue notre principale source de revenus.
Gérez votre abonnement en toute liberté depuis votre espace "Mon compte" : changement d'adresse, suspension, résiliation... Faites comme vous voulez, quand vous voulez.

Golias Hebdo

Chaque semaine, un autre regard sur l’information.

Golias Magazine

Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.

Golias Magazine + Golias Hebdo

Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.

Tarif découverte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Economie

Le monde des petites fermes en crise

Selon Terre de liens, 40 000 petites fermes ont disparu en France ces trois dernières années. La cartographie établie traduit « un véritable plan social à bas bruit » selon Coline Sovran, chargée de plaidoyer de l’association. Ce qui favorise

Lire la suite »
Economie

La COP 30 ne tiendra pas ses promesses

Du 10 au 21 novembre, se tient la COP 30. Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements sont attendus pour cela à Belém, au Brésil, même si du côté des militants de l’environnement le scepticisme domine. Alors que s’ouvrent les portes de la

Lire la suite »
Economie

Tomates françaises : plus chères mais plus saines

Selon une enquête menée par l’UFC-Que choisir, les tomates françaises sont moins contaminées par les pesticides que les cultures espagnoles et marocaines. « En moyenne, plus de la moitié des tomates marocaines analysées et 80 % de celles espagnoles présentaient plusieurs résidus

Lire la suite »
Follow us on Social Media