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Afrique du Sud : les évêques dénoncent les portes ouvertes à l’État islamique

En février 2024, l’Afrique du Sud était placée sur liste grise et sous surveillance par le Groupe d’action financière (Gafi), en raison de son manque d’efficacité dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Des frontières poreuses, une forte corruption, des flux d’argent entre diasporas parfois difficiles à retracer et la prospérité du grand banditisme favorisent le financement de groupes, notamment liés à l’État islamique (EI). En mars 2022déjà, le Département du Trésor américain avait identifié en Afrique du Sud des personnes et entités impliquées dans le financement du groupe djihadiste. Plus proche de nous, en mars 2024, un rapport alarmant du Counter-ISIS Finance Group (CIFG), un organisme international dirigé par les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Italie, confirmait cette présence financière de l’EI en Afrique du Sud. Il indique que des banques basées dans le pays sont devenues des intermédiaires pour les transferts de fonds de l’EI entre son siège continental en Somalie et ses cellules régionales.

Sur les bases non réfutables de ces enquêtes internationales, les évêques d’Afrique australe ont pris la parole : « Je n’ai pas entendu beaucoup de réactions de la part du gouvernement à ce sujet », s’est indigné Sithembele Anton Sipuka, président de la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (SACBC) lors de l’Assemblée plénière de la SACBC (Afrique du Sud, Botswana et Eswantini – anciennement Swaziland), qui s’est tenue du 5 au 9 août dernier. Les enquêtes internationales indiquent également que la présence de l’EI en Afrique du Sud ne se limite pas à des transactions financières criminelles. Des cellules acheminent des fonds, des technologies et des biens matériels à des groupes du Mozambique et de Somalie. D’autres se chargent de recruter des sympathisants. Plusieurs Sud-Africains ont rejoint les djihadistes au Mozambique. Ainsi, Sithembele Anton Sipuka a évoqué la découverte dans le Limpopo, à l’extrême nord-est du pays, d’un camp d’entraînement de 95 Libyens à titre d’« agents de sécurité ». Selon la police, qui a fait une descente sur les lieux, il s’agirait plutôt d’un camp militaire des forces du général Haftar, qui contrôle depuis 2017 la Cyrénaïque, soit l’ouest de la Libye. Ce qui peut faire planer le doute de la présence de camps équivalents pour l’État islamique. Le président de la SACBC a également exprimé sa crainte que les conflits alimentés par l’EI dans les pays voisins, tels le Mozambique et le Nigeria, ne s’étendent à l’Afrique du Sud. Une source de préoccupation majeure qui va demander une réaction du gouvernement d’unité nationale formé par le président Cyril Ramaphosa à l’issue des élections générales de mai 2024. Golias

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