Sur les réseaux sociaux pro-israéliens tourne une courte vidéo où l’on voit un ancien premier ministre israélien, Naftali Bennett (juin 2021-juin 2022), expliquer le sionisme en trois minutes. À partir du texte de l’Exode dans la Bible, ce politicien israélien justifie le droit historique du peuple juif à s’installer en Terre promise, la Palestine actuelle, après avoir quitté l’Égypte il y a 1300 ans et erré quarante ans dans le désert pour édifier le glorieux royaume de David et de Salomon. Après deux exils (destruction du premier temple au VIe siècle avant JC et du second temple en 70 après JC), et deux mille ans de dispersion dans le monde, le peuple juif revient sur les territoires que Dieu avait promis à Moïse après lui avoir donné les Tables de la Loi. Pourtant, de nombreux travaux d’historiens (y compris israéliens) et d’archéologues remettent en cause, voire infirment, ce roman national israélien appuyé sur la Bible. Malgré ces travaux universitaires, l’interprétation israélienne de l’histoire juive basée sur l’histoire sacrée contre l’historiographie scientifique fonde toujours le discours nationaliste israélien. De son côté, le Hamas, comme à front renversé, convoque le mythe de David et Goliath, également repris dans le Coran (2-251 Dâwûd et Djâlût), pour légitimer le 7 octobre.
Légitimation idéologique
L’histoire des peuples est remplie de ces manipulations historiques qui permettent de justifier les conquêtes militaires ou les violences politiques. Les impérialismes coloniaux depuis le XIXe siècle se sont souvent fondés sur des principes civilisationnels. Les légitimations idéologiques ne sont pas donc nouvelles, celle qu’utilise le gouvernement israélien est du même tonneau que le roman national français qui s’inscrirait dans une sorte de téléologie historique des Gaulois à De Gaulle. Mais ce qui est spécifique aujourd’hui avec le discours israélien, c’est le recours à l’histoire sainte, une spécificité qu’il partage avec les chrétiens évangélistes américains pour qui un second retour des Juifs sur la colline de Sion à Jérusalem est annoncé dans la Bible. Cette lecture religieuse du sionisme était déjà faite au début du XXe siècle par le ministre des affaires étrangères britannique, évangéliste et antisémite, Lord Balfour, qui appuya le projet sioniste en proposant l’ouverture d’un foyer national juif dans la future Palestine mandataire, préparant, espérait-il, le retour des Juifs en Terre sainte, prélude à l’accomplissement de la Parousie.
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