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Après la bataille des retraites, la bataille des retraités

Alors que l’exécutif cherche des économies dans tous les budgets sociaux, il a décidé de repousser la revalorisation des pensions. Un coup de canif dans les revenus des retraités qui a été précédé du refrain fallacieux présentant les retraités comme des privilégiés.

 

C’était dans l’air. La Macronie était divisée, mais finalement, l’exécutif a tranché… En défaveur des millions de retraités, le gouvernement ne va pas revaloriser au 1er janvier 2025 les retraites de base, comme le code de la Sécurité sociale l’y oblige, et reporte cette revalorisation au 1er juillet 2025. Neuf organisations syndicales – dont la CGT et FO, mais aussi la CFTC et la CFE-CGC – pointent dans un communiqué commun que cette mesure va, « une nouvelle fois », pénaliser « des retraités qui n’auront aucune revalorisation pendant 18 mois ». Pire encore, aucune garantie n’a été donnée par l’exécutif que cette revalorisation aura bien lieu « tant les pressions se multiplient pour geler complètement les pensions de base en 2025 ».

 

Mettre fin aux « exceptions françaises », ce poncif d’éditorialistes aussi dépourvus d’originalité que de jugement a convaincu une majorité de retraités de soutenir les politiques de réduction des droits sociaux, ces dernières années. Ils sont désormais dans la ligne de mire des éditorialistes. Cette fois, « l’exception française » qui est ciblée est le niveau de vie des 17 millions de pensionnés présenté comme supérieur à celui de la population générale.

 

Ainsi, sur Europe 1, mardi 24 septembre, l’éditorialiste ultra-réac du Figaro, Eugénie Bastié, a déclaré : « Est-il normal qu’une génération entière vive en moyenne, mieux que les autres ? Rappelons quelques faits : c’est la première fois de l’histoire de France que ceux qui ne travaillent plus sont plus riches que ceux qui travaillent. Les retraités ont un niveau de vie supérieur à l’ensemble de la moyenne de la population. » Le thème fait dangereusement surface dans les médias alors qu’à Matignon, Michel Barnier n’a pas de mots assez durs pour fustiger les déficits abyssaux laissés par son prédécesseur ; et que la gauche alerte sur le rôle des diminutions massives des impôts des grandes entreprises ou des particuliers les plus riches dans l’envolée de la dette publique.

 

À première vue, la situation des retraités est enviable quand on raisonne sur les grandeurs comme le taux de pauvreté (celui du 3e âge est deux fois moins élevé que la moyenne nationale) ou des statistiques remontant à une décennie, qui indiquaient que le niveau de vie moyen des retraités s’élevait à 105,6 % de celui de l’ensemble de la population, quasiment à parité avec celui des seuls actifs. « Une exception française qui a justifié, entre autres, l’augmentation de la CSG des retraités en 2017 et la fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de trois enfants, en 2012 », rappelait ainsi peu de temps après les faits le quotidien économique Les Echos (10.04.19).

 

La dernière fois que les éditorialistes ont entamé le thème de l’embonpoint des comptes en banque des retraités, c’était justement pour accompagner le serrage de ceinture imposé par Emmanuel Macron, qui faisait ses débuts à l’Élysée. Ce dernier avait justifié la hausse de la CSG et la désindexation des pensions par rapport à l’inflation, contrairement à ses engagements de campagne, par l’amélioration continue de leur niveau de vie moyen, au cours des trois dernières décennies, qui aurait fait des retraités français les mieux lotis des pays occidentaux. Il était un brin culpabilisant, évoquant par comparaison la condition de la jeunesse : « Les pauvres d’aujourd’hui sont souvent moins les retraités que les jeunes », expliquait-il en août 2017 (Le Figaro, 30.08.18). Une pauvreté illustrée depuis par les files d’attentes des étudiants aux distributions d’aide alimentaire organisées par le monde associatif.

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