À l’occasion de la seconde session du Synode romain (2-26 octobre 2024), notre équipe Pour un christianisme d’avenir souhaite s’exprimer sur la question du célibat obligatoire pour les prêtres. Ce sujet sera malheureusement absent de cette session, le Pape ayant annulé de l’ordre du jour tous les sujets pratiques comme le célibat obligatoire et l’accès des femmes au diaconat. Nous tentons ici une approche qui tienne compte des aspects historiques de la question, tout en apportant des éléments nouveaux afin de montrer où se trouvent les blocages.
Quelques repères historiques
Aborder la question du célibat obligatoire commence par son étude du point de vue de l’histoire longue et à l’aune de la pensée moderne qui nous habite. En voici un bref résumé.
Des origines du christianisme à la fin du premier millénaire, la doctrine de l’Église catholique n’est pas clairement arrêtée, même si des décrets et des tendances spirituelles encouragent ou même cherchent à imposer le célibat. La pratique reste plurielle avec, surtout dans les campagnes, beaucoup de prêtres vivant en couple et en famille, sous la forme d’un concubinage plus ou moins déclaré.
C’est en 1074 que, par un décret, le pape Grégoire VII interdit le mariage et le concubinage des prêtres. Cette mesure est prise pour éviter surtout que le patrimoine des prêtres et des paroisses, en particulier des plus riches, tombe lors de leur mort entre les mains de leur descendance.
Au XVIe siècle se produit la Réforme protestante de Luther, qui devient irréversible quand, après des essais de dialogue difficiles, le pape Léon X publie, le 10 décembre 1520, la bulle Exsurge Domine contre les erreurs de Martin Luther et prononce son excommunication le 3 janvier 1521. Les ministres protestants, que l’on va désigner sous le nom de pasteurs, acquièrent la liberté de se marier. Il en ira de même chez les Anglicans qui, tout en gardant des éléments de la tradition catholique, épouseront la culture protestante.
Leconcile de Trente (1545-1564), appelé le concile de la Contre-Réforme, développe, à coup d’arguments mystiques, une doctrine du prêtre vu comme le représentant du Christ, dont l’activité est centrée en grande partie sur le culte et l’eucharistie. S’ensuivra l’instauration des séminaires, pour une formation intensive et contrôlée des futurs ministres, conduisant au sacrement de l’ordination. Avec des hauts et des bas, cette conception du sacerdoce a fonctionné jusqu’au XXe siècle. Elle est aujourd’hui en crise en Europe, au Canada, en Amérique latine, tout en restant relativement florissante dans les pays africains au sud du Sahara.
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