Un collectif d’associations publie un rapport démontrant qu’un plan d’investissements publics pour sortir les gens de la pauvreté serait bénéfique pour les finances publiques et pour la société dans son ensemble. À lire, au moment où la seule politique publique suivie est l’enchainement des plans d’austérité.
Le nouveau gouvernement Barnier n’a qu’un mot à la bouche : la dette. La Droite traditionnelle et la Macronie s’accordent pour placer au-devant de l’opinion publique la dégradation sans précédent des comptes publics : 1 000 milliards de dettes supplémentaires depuis 2017, largement issues des cadeaux fiscaux et des subventions accordés aux plus grandes entreprises et aux particuliers les plus riches : ce sont plus de 200 milliards d’euros par an, soit plus de 40 % des recettes de l’État qui sont ainsi dépensées, officiellement en faveur de l’emploi, mais dans la réalité ces décaissements sont réalisés sans contrepartie. « Un dossier de RSA, c’est 18 pages à remplir alors qu’une demande de subvention pour une entreprise, c’est seulement 3 pages », tonne le député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj sur le plateau de C à vous (France 5, 10.10.24).
Cet argent manque pour financer les services publics, mais le Premier ministre Michel Barnier et Emmanuel Macron ont tous deux refusé de remettre en cause cette répartition du budget de l’État. Matignon a néanmoins promis de faire participer les plus riches à l’effort : ils seront mis à contribution à hauteur de 2 milliards d’euros, de manière temporaire ; tandis que sont exigés 40 milliards de coupes aux services publics et à la population. Les mesures les plus frappantes sont les 15 milliards pesant sur la Sécurité sociale qui seront reportés sur les usagers, une nouvelle suppression de 4 000 postes d’enseignants alors que le nombre d’élèves continue de monter ou le gel des pensions de retraite pour six mois (Golias Hebdo n°835, du 10 au 16 octobre). Si l’on ajoute que les financements censés atténuer le dérèglement climatique sont eux-aussi diminués, on retrouve avec Michel Barnier le plan d’austérité préparé par Gabriel Attal au printemps dernier, mais en plus dur.
Pourtant, une autre voie est possible que celle qui sacrifie, encore, la classe moyenne, les catégories populaires, et en particulier les plus pauvres. C’est le sens du rapport publié par le collectif Alerte, qui regroupe 35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ; au nombre desquelles se tiennent ATD-Quart Monde, la Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde ou le Secours Catholique. « Dans un contexte où la lutte contre la pauvreté se heurte régulièrement aux objectifs de réduction de la dette publique, le collectif Alerte dévoile les résultats d’une étude montrant l’impact économique positif des politiques de lutte contre la pauvreté », soulignent les associations. Le collectif a confié cette étude au cabinet de conseil auprès des directions générales d’entreprises Oliver Wyman, habitué à analyser l’e-commerce ou les évolutions de la banque de détail. Il en ressort que laisser la pauvreté se développer coûte cher, bien plus cher que d’investir résolument dans sa résorption ; un peu comme dans le cas du dérèglement climatique : le laisser s’opérer en roue libre coûte immensément plus cher que d’empêcher les multinationales d’extraire des hydrocarbures.
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