Année B. 30ème Dimanche du TO, Mc 10, 46b-521
Le chemin proposé par Jésus de Nazareth est fait pour tous. Y compris, à son époque, pour ceux que la majorité des gens bien a laissés au bord de la route. Il y a des priorités… !
Ce sont peut-être même, justement, ces exclus qui ont la clé de la vie que les autres cherchent : ils braillent pour obtenir davantage !
Un aveuglé pas si inerte que ça
46. « Et il s’est avancé vers Jéricho. Et étant sorti de là avec ses disciples, le fils de Timée, Bar-Timée, un aveuglé, était assis au bord du chemin, exigeant davantage. »
On est à la sortie de Jéricho, la ville des adorateurs de la lune, ville symbole de l’idolâtrie2.
Si le texte s’efforce de nous donner le nom du mendiant dont il va développer l’histoire, c’est pour son sens ; Bar-Timée signifie précisément en hébreu le fils de l’impur. C’est à dire celui qui n’est constitué que d’impureté, l’impur par excellence… aux yeux de ceux qui le nomment ainsi tout du moins !3
Il n’est pas aveugle4, Bar-Timée, il est aveuglé ; énorme différence.
On ne sait par quoi il est aveuglé, mais ce que l’on sait c’est ce qu’il fait : assis au bord du chemin, où les autres ont dû l’entreposer pour qu’il y reste sagement car un Maître ne doit pas être contaminé par un impur, il braille pour obtenir davantage5. Il ne se contente pas de son sort. De sa place. Du destin que les autres lui ont affecté.
Une demande de compassion
47. « Et, ayant entendu que c’est Jésus le Nazorènien il a commencé à brailler, disant : — Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » 48. « Et beaucoup le lui reprochaient, pour le faire taire, alors lui s’est mis à brailler beaucoup plus fort : — Fils de David, aie pitié de moi ! »
Marc emploie un mot curieux pour parler de Jésus, le Nazorènien. Peut-être veut-il faire penser à la secte des Nazoréens, des juifs disciples de Jésus qui voudront rester fidèles à l’Alliance de la Tora, et qui seront donc rejetés par les deux mouvements : par le judaïsme orthodoxe comme par les Églises. Ils considéraient alors Jésus comme un Messie, un personnage de rang royal et l’ont rapidement divinisé. D’où l’insistance de Bar-Timée à l’appeler Fils de David.
De quelle pitié parle-t-il ? De celle qui sollicite quelque monnaie ? Ou de l’intérêt du Maître pour son cas, qui l’amènerait à lui ouvrir son enseignement ? L’insistance avec laquelle il braille et refuse de se calmer me fait voir son intérêt pour l’enseignement de Jésus. En un mot, il voudrait voir ce que Jésus aurait en rayon pour lui.
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