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Vente de Doliprane, la santé saisie par la finance

Sanofi cède sa filiale qui produit les médicaments les plus utilisés en France, dont le célèbre Doliprane. Cette vente met en péril la relocalisation industrielle et révèle la logique spéculative qui domine les firmes pharmaceutiques, au détriment de la santé publique.

 

Quand la logique actionnariale percute les impératifs de santé publique… Cela pourrait être le sous-titre du feuilleton de la vente annoncée par Sanofi de sa filiale de médicaments en vente libre, Opella. Même si le nom de cette dernière est peu connu, l’entité produit les médicaments les plus consommés en France, dont le très populaire Doliprane, numéro un des ventes. Au total, la filiale mise en vente enregistre 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an grâce, en plus des boîtes de paracétamol contre les courbatures ou les migraines, le Maalox contre les aigreurs d’estomac, le Toplexil contre la toux ou le Novanuit contre les insomnies.

 

La filiale était en vente depuis plusieurs mois. Le feu a été mis aux poudres, vendredi 11 octobre, par l’annonce de négociations exclusives avec le fonds d’investissements new-yorkais CD&R, du nom de ses fondateurs Clayton, Dubilier et Rice, en vue de lui céder le contrôle du fabricant du Doliprane pour un montant attendu de 15 milliards d’euros.

 

Nombre d’élus sont inquiets des répercussions dans l’opinion publique, sur l’outil industriel ou la santé publique. « Nous ne laisserons pas Sanofi brader la production de Doliprane à un groupe américain », a tonné Charles Rodwell, député du groupe Ensemble pour la République qui a envoyé une lettre, avec 62 autres députés, à l’intention du ministre de l’Économie, Antoine Armand (Franceinfo, 11.10.24). La missive prendra place à côté de celle envoyée par Laurent Wauquiez, le président du groupe Droite républicaine, demandant « que l’État agisse pour (…) assurer la souveraineté sanitaire de la France ». Dans le même temps, le député insoumis Eric Coquerel, président de la commission des finances, est monté au créneau : « Il est impensable d’abandonner notre souveraineté sur la production de ce type de médicament. »

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