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S’inspirer des conquêtes sociales de la Libération

Alors que grandissent les menaces de la dislocation économique et du fascisme, la célébration des 80 ans du programme du Conseil national de la Résistance est trop discrète. C’est pourtant une source d’espoir et de mobilisation.


Un anniversaire et un espoir. Cette année marque les 80 ans du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), appelé Les Jours heureux. Ce document publié en 1944 a jeté les bases de la reconstruction de la France d’après-guerre. Dans la clandestinité, les différents courants de la Résistance (communistes, gaullistes, socialistes, catholiques sociaux, syndicalistes…) se réunissent à l’initiative du général de Gaulle au sein du CNR. La Résistance n’était pas qu’un combat contre l’occupant, mais aussi une réflexion pour changer les bases de l’organisation de la société afin d’éviter que le pays ne retombe dans les affres du fascisme et de la guerre. La grande innovation du CNR est l’extension de la citoyenneté du domaine strictement politique à la sphère économique : les dirigeants des mouvements de Résistance reconnaissent alors que tout citoyen exerce ses prérogatives politiques dans un cadre économique qui contraint ces premières et peut les entraver, comme le remarquait dans L’Esprit de Philadelphie (Seuil, 2010), Alain Supiot, professeur de la chaire de droit social au collège de France. Il faisait référence à la Charte de Philadelphie qui, en 1942, jetait les bases de l’organisation sociale d’après-guerre, telles que les voyaient Roosevelt et Churchill. Dans son analyse, Supiot montre que les points de convergence entre Les Jours heureux et la Charte.


Les dirigeants de la Résistance tombent d’accord, en 1944, sur le fait que l’organisation politique et économique des années 1930 avait débouché sur la Seconde Guerre mondiale. Au premier rang des accusés se situait le capitalisme débridé de l’entre-deux-guerres et son lot de catastrophes qui vont de la misère liée au krach de 1929 à la destruction des sociétés d’Europe centrale, jusqu’au choix des plus riches de livrer les démocraties du continent européen aux pires régimes d’extrême-droite pour protéger leurs avoirs des aspirations populaires au partage et à la redistribution, au sein de sociétés où les richesses sont abondantes, mais concentrées dans quelques mains. C’est pourquoi, le programme commun de la Résistance vise à « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et propose « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale », à travers la supervision de l’État, mais aussi via « la participation des travailleurs à la direction de l’économie ».

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