Un autre regard sur l’information !

L’enfumage des fonctionnaires creusant le déficit

Les soutiens d’Emmanuel Macron au sein du Parlement et de la presse tentent de convaincre l’opinion publique que le déficit public abyssal serait de la faute des retraites des fonctionnaires. Pourtant, une mission d’information sénatoriale bipartisane vient de montrer que l’exécutif en porte l’entière responsabilité.


L’exécutif et les groupes politiques qui le soutiennent à l’Assemblée cherchent à couper dans les budgets sociaux. Après le gel temporaire des pensions de retraite, la diminution des remboursements de soins et l’ajout de deux jours de carence aux fonctionnaires en cas de maladie, c’est au tour du système de retraite d’être subtilement dans le collimateur. Subtilement, car pour le moment, il s’agit d’un ballon d’essai. L’idée serait de mettre l’énorme accroissement de la dette publique sur le dos du paiement des pensions de retraite des fonctionnaires. Si le thème, qui vient de réapparaître dans la presse la plus proche du monde patronal, venait à s’imposer dans le débat public, il en découlerait, de manière apparemment logique, que la solution pour diminuer la dette serait de diminuer les retraites du secteur public.


Selon les accusateurs qui se griment en lanceurs d’alerte, l’affaire qu’ils soulèvent représenterait « un tiers du déficit, et la moitié de la dette : c’est ce que représente le déficit chronique des retraites des fonctionnaires », comme le calcule le Sénat. « Explosif », souligne avec gourmandise l’hebdomadaire Le Point (07.11.24), qui précise que la haute assemblée va « bientôt entamer l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale ». Son rapporteur pour l’avis du budget de la Sécurité sociale, le sénateur Vincent Delahaye (UDI) est présenté comme « déterminé, cette fois, à mettre les pieds dans le plat ». Pour l’élu de l’Essonne, le système de retraite n’est pas équilibré et représente, « en réalité, un gouffre qui engloutit chaque année plus de 50 milliards d’euros de déficit ! » (Le Point, 07.11.24). « Si l’État cotisait comme tout employeur au taux maximum de 28 %, il ne pourrait pas payer les retraites de ses fonctionnaires », fulmine celui qui a longtemps été un élu local. « Pour le faire, il surcotise à 98 %, en dissimulant la dépense dans sa masse salariale ! » Tout investi de la mission qu’il s’est donnée, Vincent Delahaye juge le cas de figure « incompréhensible, scandaleux » : « Il faut dire la vérité aux Français », s’émeut-il (Le Point, 07.11.24).

Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo

Golias ne vit que par et pour ses lecteurs, l'abonnement à nos publications constitue notre principale source de revenus.
Gérez votre abonnement en toute liberté depuis votre espace "Mon compte" : changement d'adresse, suspension, résiliation... Faites comme vous voulez, quand vous voulez.

Golias Hebdo

Chaque semaine, un autre regard sur l’information.

Golias Magazine

Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.

Golias Magazine + Golias Hebdo

Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.

Tarif découverte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Economie

Le monde des petites fermes en crise

Selon Terre de liens, 40 000 petites fermes ont disparu en France ces trois dernières années. La cartographie établie traduit « un véritable plan social à bas bruit » selon Coline Sovran, chargée de plaidoyer de l’association. Ce qui favorise

Lire la suite »
Economie

La COP 30 ne tiendra pas ses promesses

Du 10 au 21 novembre, se tient la COP 30. Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements sont attendus pour cela à Belém, au Brésil, même si du côté des militants de l’environnement le scepticisme domine. Alors que s’ouvrent les portes de la

Lire la suite »
Economie

Tomates françaises : plus chères mais plus saines

Selon une enquête menée par l’UFC-Que choisir, les tomates françaises sont moins contaminées par les pesticides que les cultures espagnoles et marocaines. « En moyenne, plus de la moitié des tomates marocaines analysées et 80 % de celles espagnoles présentaient plusieurs résidus

Lire la suite »
Follow us on Social Media