La mise en place d’une théocratie en Israël, autour de -160
Profitant de querelles intestines entre les prétendants à la tête du royaume séleucide, reste mésopotamien des conquêtes d’Alexandre le Grand, une tribu de Palestine, les Macchabées, va parvenir à chasser les rois grecs de son territoire. La célèbre révolte des Macchabées va ainsi conduire, entre -160 et -63, à l’unique période d’indépendance réelle de ce que l’on appellera Israël1.
Quelques années seulement après le succès de leur révolte, les Macchabées vont aussi se saisir du pouvoir religieux à Jérusalem, et nommer l’un des leurs, Jonathan, grand-prêtre du Temple (-152). Tous les pouvoirs sont ainsi concentrés dans les mains d’un clan, pour le malheur des peuples du pays2.
La mise en place de la dynastie de la famille Macchabée, les rois Hasmonéens, a été celle d’une théocratie qui a débouché sur une période de grands troubles. L’alliance du gouverneur de Judée, Antipater, à l’empire va conduire à l’arrivée de Rome, avec Pompée, pour y remettre l’ordre que cette théocratie avait elle-même sapé par ses abus.
Le souvenir de cette période a été exclu de la littérature sacrée du judaïsme, celui-ci ne retenant pas dans le canon de ses écritures les quatre livres dits des Macchabées ; il n’en gardera que la fête des Lumières, la Khanoukkah, toujours célébrée aujourd’hui, l’une des plus belles fêtes du judaïsme. C’est du texte qui évoque sa mise en place que nous prendrons dans notre approche.
L’élimination des « Autres »pour retrouver la Pureté !
Nous allons voir le passage qui évoque la reprise du Temple de Jérusalem, dans le 1er Livres des Macchabées :
« 36. Judas et ses frères disent alors : -Voici, nos ennemis sont écrasés, montons purifier le sanctuaire et faire la dédicace – l’inauguration ou Khanoukkah. 37. Toute l’armée se rassemble et ils montent au mont Sion. 38. Ils voient le sanctuaire déserté, l’autel profané, les portes consumées… »
« 41. Judas donne l’ordre à certains de ses hommes de combattre ceux qui sont dans la Citadelle, jusqu’à ce qu’il ait purifié le sanctuaire, 42. puis il choisit des prêtres sans souillure et zélés pour la Loi, 43. qui purifient le sanctuaire… 49. Ayant fabriqué de nouveaux ustensiles sacrés, ils introduisent dans le Temple le chandelier, l’autel des parfums et la table. 50. Ils font fumer l’encens sur l’autel, allument les lampes du chandelier, qui brillent dans le Temple. 51. Ils déposent les pains sur la table, tendent les rideaux et achèvent tous les travaux entrepris… » (1Mac 4)
Il s’agit donc de rétablir la pureté du Temple, souillé par les étrangers qui ont habité le lieu. De rétablir son caractère sacré. Ce qui est frappant, c’est que le retour de cette pureté va se réaliser à travers l’élimination des « Autres », des non-juifs ! Ces Autres vont être les soldats grecs qui restaient dans le Temple. Purifier le Temple se réalise donc, en premier lieu, avec l’élimination physique des adversaires. Une purification ethnique étant, en quelque sorte, le préalable à la pureté du Lieu retrouvée3.
Nous verrons, à la fin du récit, que cette hystérie ethnocentrée va perdurer en veillant à ce que ces « Autres » ne puissent faire retour dans ce que l’on a purifié.
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Une réponse sur “L’Histoire et les Histoires qui éclairent le Midrash de Noël”
Excellent ! Merci à André Scheer de remettre l’église au centre du village – c’est le cas de le dire !
Votre travail n’est pas sans rappeler celui d’autres érudits chercheurs, tel Laurence Gardner, qui vont tous dans le même sens.
Et dire que l’immense majorité des « chrétiens », quand on les met face à l’évidence, en ne leur montrant même qu’un dixième de tout cela, se murent dans leur obscurantisme méprisant, qui refuse tout simplement de reconnaître la lumière :
« ces découvertes modernes, elles sont sans doute fausses… tout ça c’est inventé…
les exégètes modernes peuvent se tromper (tiens, pourquoi pas les anciens ??)…
pourquoi avoir attendu 2000 ans pour tenir un autre discours ? moi je m’en tiens à ce qu’on nous a toujours appris… », etc.
Que l’Eglise mente depuis 2000 ans leur est inconcevable, tout comme le fait que tout cet édifice est bâti… sur du sable, et ne tient que par l’opiniâtreté imbécile de ses croyants fanatiques (et non par la vertu de l’Esprit Saint qui, lui, n’y est pour rien).
Quant au magistère, il est une synthèse de l’hypocrisie et de la mauvaise foi les plus diaboliques. Car il sait, lui. Et depuis très longtemps. Le Cardinal Tisserand ne disait-il pas un jour à un ambassadeur : « si les chrétiens savaient une petite part de ce que nous savons (sur Jésus, l’origine de l’Eglise), ils perdraient la foi » ? Mais c’est impensable de le faire savoir : à l’instant même, le château de cartes imploserait et s’effondrerait. Ce serait la fin immédiate de cette ONG tentaculaire et monstrueuse qui se fait appeler Eglise catholique. Et tous ces « princes de l’Eglise » (odieux concept !) perdraient instantanément toute légitimité et toute raison d’être.