« Il n’y a, en Palestine, qu’un tombeau vide. Il n’y a pas de Terre Sainte. C’est toute la Terre qui est sainte, ou bien rien d’elle. » – (Christian Bobin – Le Très-Bas)
Parmi les abus de langage qui rendent la parole de l’Église inaudible, l’abus de l’adjectif « saint » n’est pas le moindre.
Dans le village de Haute-Savoie où je vais en vacances, une très ancienne et très petite chapelle – en fait un ancien ermitage – est accrochée au flanc d’un ravin. Depuis toujours, le sentier qui y conduit était fléché « La chapelle ». Mais voilà que dorénavant, il est fléché « La Sainte Chapelle ».
Comment une chapelle pourrait-elle être sainte ? Quel sens est donné au mot saint quand on l’accole à une chose ?
Non, non et non ! Il n’y a ni « Sainte Chapelle » ni « Huiles saintes », ni « Terre sainte », ni « Écritures saintes »…
La « Sainte Chapelle » (celle de Paris) a beau être un sommet de l’art religieux du Moyen-Âge, elle n’en reste pas moins un ensemble de pierres et de vitraux qui ne sauraient faire preuve de sainteté.
Même la dite « Terre Sainte » n’est qu’une terre (même si un grand pape s’est allongé dessus pour l’embrasser). Il n’y a pas de « Terre Sainte », tout au plus des souvenirs pieux. Dieu seul est saint, ou ceux dont Sa présence rayonne à travers eux.
Ou alors, on utilise le mot « saint » comme un synonyme de « sacré ». D’accord ! Mais dans le christianisme, seul l’homme est sacré parce qu’il est le temple de Dieu. La dite « Sainte-Table » n’est pas sacrée, pas plus que les « huiles saintes ». Et la Terre Sainte n’est pas sacrée !
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