Un autre regard sur l’information !

La nouvelle Internationale…

123rf.COM

Partout, des volontés mauvaises visent à détruire les principes qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tendaient à accroître le degré de civilisation du monde: les frontières sûres, la démocratie comme moyen légitime de gouverner les peuples, l’économie au service du développement du bien commun, les libertés publiques et personnelles garanties par les États, etc. Ces idéaux ont toujours été précaires, mais au moins ils n’étaient pas réfutés en tant que tels, sauf dans les États autoritaires et totalitaires. Cependant, depuis longtemps dénigrés au sein même des démocraties, ils sont désormais l’objet d’attaques délibérées par l’oligarchie financière et les autocrates qu’elle manipule. Cela n’est pas une affaire seulement américaine. Musk et Trump trouvent en Europe et en France des sectateurs émerveillés par ce qui émerge aux USA. Ce n’est pas une surprise, mais c’est une pressante menace.

 

Le 10 mai 1944, la fin de la Seconde Guerre mondiale paraît encore lointaine, la Conférence générale de l’Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie, aux États-Unis, a adopté la Déclaration de Philadelphie qui redéfinit ses buts et objectifs. Ce fait n’est pas sans être étonnant au moment où, durant nos décennies prospères, les droits des travailleurs sont soumis – dans le monde entier – à des pressions constantes des employeurs et des États à leur service afin de les contester et de les réduire.

 

Il est encore plus étonnant de constater quels étaient les principes et les vues qui ont présidé à l’élaboration de cette déclaration. « Adoptée à l’unanimité par les représentants (délégués des gouvernements, des employeurs et des salariés) [elle] s’adresse « à tous les humains » et « insiste sur leur dignité ». Elle consacre la reconnaissance à l’échelle internationale de l’importance des questions économiques et sociales, et du fait qu’elles sont indissociables des autres aspects des questions internationales. » Il est remarquable que cette conférence articule la promotion de la dignité des travailleurs avec l’état des relations internationales qui sont, évidemment, un des éléments capables de garantir la paix dans le monde.

 

Les auteurs de cette déclaration ont, de plus, anticipé ce qui adviendra durant les trois décennies suivantes, à savoir l’émancipation des peuples colonisés. « La Conférence affirme que les principes énoncés dans la présente Déclaration sont pleinement applicables à tous les peuples du monde et que, si, dans les modalités de leur application, il doit être dûment tenu compte du degré de développement social et économique de chaque peuple, leur application progressive aux peuples qui sont encore dépendants, aussi bien qu’à ceux qui ont atteint le stade où ils se gouvernent eux-mêmes, intéresse l’ensemble du monde civilisé. » 1

 

Autres temps, autres mœurs ! Ce retour vers un passé pas si lointain nous montre assez que la manière dont aujourd’hui nos dirigeants prétendent comprendre le monde tient moins aux nécessités de la conjoncture (on ne peut pas faire autrement !) qu’à la puissance, ou à la négation, de certains idéaux. Notons que la déclaration de Philadelphie, adoptée à l’unanimité des participants, était tripartite : États, employeurs, salariés. On voit donc que les États et les capitalistes – nullement portés à l’angélisme, sans doute – étaient tout de même capables de compréhension de certaines causes profondes du désastre mondial dû aux pratiques sociales et commerciales des années vingt et trente. La même clairvoyance avait permis aussi que les tendances réactionnaires et progressistes s’accordent pour l’établissement en France de certains points essentiels du programme social du Conseil national de la Résistance (CNR).

Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo

Golias ne vit que par et pour ses lecteurs, l'abonnement à nos publications constitue notre principale source de revenus.
Gérez votre abonnement en toute liberté depuis votre espace "Mon compte" : changement d'adresse, suspension, résiliation... Faites comme vous voulez, quand vous voulez.

Golias Hebdo

Chaque semaine, un autre regard sur l’information.

Golias Magazine

Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.

Golias Magazine + Golias Hebdo

Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.

Tarif découverte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inégalités

Trente ans de fabrication de la pauvreté

Le Secours catholique décrit l’intensification de la pauvreté en France dans son 30e rapport sur la question. Celle-ci frappe d’abord les mères seules, les enfants, les ressortissants étrangers et les malades. Le résultat de politiques qui fabriquent cette pauvreté. Pour

Lire la suite »
Inégalités

Le bourreau du logement

En 2024, près de 25 000 ménages ont ainsi été expulsés de leur logement, soit une hausse de 29 % en un an et de 223 % depuis vingt ans, selon les chiffres de de la Fondation pour le logement

Lire la suite »
Inégalités

Agriculteurs : le mal-être persiste

Un récent rapport de de la Mutualité sociale agricole (MSA) indique que le risque suicidaire reste nettement plus élevé chez les agriculteurs que dans le reste de la population. En 2022, les assurés agricoles âgés de 15 à 64 ans

Lire la suite »
Inégalités

Le mirage de l’égalité des chances

Selon une enquête d’Ipsos réalisée pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans le cadre de son Rapport annuel sur l’état de la France, seulement 11 % des français estiment que les conditions de réussite dans la vie sont

Lire la suite »
Non classé

La Messe n’est (effectivement) pas dite

« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; […] j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? (…)

Lire la suite »
Follow us on Social Media