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Dette : le faux fardeau des jeunes

C’est reparti. François Bayrou tente de faire passer ses coupes budgétaires en culpabilisant les citoyens qui « vivraient au-dessus de leurs moyens » et n’hésiteraient pas à transmettre la dette publique aux jeunes. C’est tout simplement faux.

 

Agrégé de lettres classiques, aimant montrer son attachement au terroir et au bon sens, le premier ministre François Bayrou n’a, semble-t-il, pourtant pas les outils conceptuels de base pour aborder la question de la dette publique. « Jamais nous n’avons fait l’effort de partager avec les Français cette évidence que la dette contractée par notre pays concerne leurs propres enfants, nos propres enfants, que la charge que nous leur laissons sera trop lourde pour être supportée », a-t-il déclaré devant la représentation nationale lors de son discours de politique générale, le 14 janvier dernier. Êtes-vous sûr de ne jamais avoir entendu que la dette publique actuelle affecterait l’avenir de nos enfants ? François Bayrou n’a pas dû ouvrir un seul hebdomadaire depuis 30 ans et a dû éviter toutes les émissions politiques, aussi bien radio que télé, depuis aussi longtemps. Un peu plus loin, il a ajouté, toujours devant les députés : « La dette est injuste et elle est insupportable si elle met à la charge de nos enfants nos dépenses courantes de notre vie d’aujourd’hui. Loin d’être seulement un problème financier ou social, cette dette est d’abord un problème moral. »

 

L’élu de Pau s’est fait le chantre, ces dernières années, de ce thème du fardeau de la dette que l’immoralité de nos contemporains imposerait aux générations à venir, notamment lors de ses deux campagnes présidentielles. « Je serai le président qui refuse que l’État entasse la dette sur le dos de ses enfants », avait-il affirmé avec sa diction si particulière sur le plateau de l’émission Des paroles et des actes, le jeudi 12 avril 2012 sur France 2. Soutenu par le Mouvement démocrate, il avait alors défendu « l’indispensable endiguement de la dette et des déficits de la France ». Sur ce thème mélodramatique, François Bayrou trouve un écho dans le reste de la droite. Le 13 décembre dernier, son prédécesseur à Matignon, Michel Barnier, avait centré son discours de passation des pouvoirs sur cette perspective morale, devant son successeur, aux anges : « Une telle dette, un tel déficit, ce sont des impôts pour nos enfants. »

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