Un autre regard sur l’information !

De la laïcité soudain trahie…

123RF.com

Les enseignements relatifs à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) prévus par la loi depuis 2001 ne sont dispensés qu’à environ 15 % des élèves. Ceci résulte des renoncements de la puissance publique soumise aux exigences d’une partie de l’opinion. Cette situation est déplorable. Elle bafoue l’ordre républicain. La laïcité est violemment battue en brèche par ceux qui s’en proclament pourtant les zélateurs les plus sourcilleux. Ces moralistes, qui ne répugnent pas à user d’arguments obscènes, revendiquent un particularisme qu’ils exècrent pour autrui. Les attaques contre l’EVARS sont en réalité au cœur d’une bataille culturelle bien plus large qui – on le voit aussi dans une partie de la presse et des médias – prend une intensité considérable. La mise à mal du principe républicain, et pas seulement en France, en est l’objet véritable.

Un devoir de la puissance publique

L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) répond, aux yeux du législateur, à un des objectifs en lien avec les constats des éducateurs, des psychologues, des médecins, des juristes et autres divers observateurs de la société. C’est d’abord sous l’angle presque exclusif de la prophylaxie des grossesses précoces et de l’échec assez constant de la contraception chez les femmes adultes, malgré le travail des associations comme le Planning familial, qu’il a été jugé utile depuis longtemps de délivrer aux jeunes en âge de procréer des informations véridiques et réalistes sur les éléments biologiques (anatomie et physiologie) de la reproduction humaine. On peut juger que, malgré ces efforts, des tendances notables persistent en matière de maîtrise de la fécondité. En 2016 (selon Santé publique France), 8 % des femmes concernées par la contraception déclaraient ne pas utiliser de moyen pour éviter une grossesse. D’autres continuent d’utiliser des méthodes (dites « naturelles » ou traditionnelles) peu fiables. En 2022, environ 243 000 IVG ont été réalisées en France, soit un taux de 16,74 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans.


Cet aspect, exclusivement biologique, ne peut être séparé de celui qui concerne plus largement les relations affectives – incluant la sexualité – que peuvent entretenir les hommes et les femmes de tout âge, depuis l’enfance. C’est pourquoi les informations sur la reproduction ne sont qu’une composante de l’éducation affective, relationnelle et sexuelle qui, selon les vœux du législateur, vise à donner aux jeunes les outils pour se protéger, comprendre et respecter les autres.

Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo

Golias ne vit que par et pour ses lecteurs, l'abonnement à nos publications constitue notre principale source de revenus.
Gérez votre abonnement en toute liberté depuis votre espace "Mon compte" : changement d'adresse, suspension, résiliation... Faites comme vous voulez, quand vous voulez.

Golias Hebdo

Chaque semaine, un autre regard sur l’information.

Golias Magazine

Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.

Golias Magazine + Golias Hebdo

Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.

Tarif découverte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inégalités

Trente ans de fabrication de la pauvreté

Le Secours catholique décrit l’intensification de la pauvreté en France dans son 30e rapport sur la question. Celle-ci frappe d’abord les mères seules, les enfants, les ressortissants étrangers et les malades. Le résultat de politiques qui fabriquent cette pauvreté. Pour

Lire la suite »
Inégalités

Le bourreau du logement

En 2024, près de 25 000 ménages ont ainsi été expulsés de leur logement, soit une hausse de 29 % en un an et de 223 % depuis vingt ans, selon les chiffres de de la Fondation pour le logement

Lire la suite »
Inégalités

Agriculteurs : le mal-être persiste

Un récent rapport de de la Mutualité sociale agricole (MSA) indique que le risque suicidaire reste nettement plus élevé chez les agriculteurs que dans le reste de la population. En 2022, les assurés agricoles âgés de 15 à 64 ans

Lire la suite »
Inégalités

Le mirage de l’égalité des chances

Selon une enquête d’Ipsos réalisée pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans le cadre de son Rapport annuel sur l’état de la France, seulement 11 % des français estiment que les conditions de réussite dans la vie sont

Lire la suite »
Non classé

La Messe n’est (effectivement) pas dite

« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; […] j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? (…)

Lire la suite »
Follow us on Social Media