Un autre regard sur l’information !

Valeur

Parmi les différents sens que peut avoir ce mot, je choisis ici celui de principe moral. Ce qui fait qu’un homme est un homme, c’est qu’il est capable de postuler, au-delà de ses besoins élémentaires, l’existence d’un ensemble d’exigences, et de lois qui les codifient, capables de régir toutes les conduites. Ce domaine de la morale, au sens large, est partageable par tous.


Eh bien aujourd’hui, si l’on s’en tient par exemple au champ de la géopolitique, il est totalement absent, et on ne voit pas qu’il en subsiste une moindre trace dans l’esprit des grands acteurs. Ainsi l’idéal de justice est-il battu en brèche par le désir de vengeance : voyez les massacres de Gaza. Ainsi l’idéal de liberté individuelle est-il nié dans les régimes totalitaires qui veulent reconstituer les anciens empires : soviétique en Russie, ottoman en Turquie, perse en Iran, immémorial en Chine. Et même dans la démocratie des États-Unis, l’idéologie libertarienne qui vient de triompher est loin de respecter la liberté d’être et d’agir de certains groupes.

Nous avons beaucoup à apprendre des fables de La Fontaine. Par exemple Le Loup et le Chien montre que l’homme peut préférer la liberté, même au risque de mourir de faim, à l’esclavage et à l’assistanat. Tous ceux qui se sont dans l’Histoire résolus à faire la grève de la faim montrent bien que le besoin élémentaire n’est pas toujours pour l’homme le dernier mot. L’idéal en l’homme peut passer avant l’intérêt.
C’est cette distinction et cette hiérarchisation que ne comprennent pas les autocrates, qui ne respectent aucune valeur, et n’ont comme motivation que leurs intérêts. Chez eux la force de la loi s’efface derrière la loi de la force, comme on le voit dans Le Loup et l’Agneau : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » Mais ce constat est une terrifiante régression, de l’humanité à l’animalité.


Pourtant notre cher fabuliste ne nous laisse pas sur cette conclusion désolante, quand dans Le Lion et le Rat il fait l’éloge de l’entraide et de la mutualisation des bienfaits : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi. » Entre le fort et le faible une collaboration, une union peuvent s’établir, au bénéfice des deux. Cela ouvre à l’apprentissage de la solidarité, de l’empathie inclusive, seul scénario pour qu’une vie soit viable entre humains, et à laquelle sont étrangers nos tyranneaux. Retrouvez Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique)

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