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Pape-Jésus- Agneau !

3ème dim Pâques Année C Ap 5, 11-14

« Il est digne l’Agneau immolé » d’être honoré. La semaine dernière le Pape défunt était honoré et à présent nous attendons un nouveau successeur de Pierre : celui à qui Jésus demandait « M’aimes-tu plus que tous les autres cardinaux ici réunis». L’image de l’Agneau n’est pas donnée aux Papes… mais on les veut « bons pasteurs », tandis tout  chrétien est vu « agneau » porté sur les épaules de Jésus le Bon pasteur et mouton sous la houlette de ceux qui se disent nos « pasteurs » Ces représentations bucoliques font partie d’une imagerie catho ayant perdu leur sens originel, tel qu’il fut en temps de persécutions. Dans les catacombes, la représentation du Christ en « agneau » a précédé celle du « crucifié » privilégiée par la suite. Mais justement de quel Jésus est-il question, par cette figure d’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ?

Le Nouveau Testament justifie-t-il que cette image soit privilégiée ? Cette représentation se limite à deux versets de Jean l’Évangéliste, et un verset de la lettre de Pierre, par contre le livre de l’Apocalypse en fait le thème récurrent des « visions » de l’auteur retiré dans l’Ile de Patmos. Dans la bible hébraïque, serait-ce par ailleurs une représentation marquante du Messie espéré? Au sens strict, les témoignages se limitent à deux occurrences, celle du Second Isaïe témoignant du serviteur souffrant et celle du prophète malmené en la personne de Jérémie. Dans la première représentation il s’agit d’un résistant volontaire « comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir ». Dans la seconde le prophète persécuté raconte sa vie « et moi comme un agneau confiant qu’on mène à l’abattoir, j’ignorais qu’ils tramaient contre moi des machinations ». Dans les deux références l’ « amios= agneau » est profondément engagé pour la cause de Dieu : le contraire d’un mouton de panurge au sens de nos caricatures.

Dans le quatrième Évangile, le témoignage est celui de Jean le Baptiste : alors qu’on lui demande qui il est,  il se présente comme précurseur de « l’Agneau de Dieu » décrit par  Isaïe et Jérémie. Il invite ses propres disciples à suivre celui qu’il désigne sous ce vocable « amios= agneau » : Jésus Agneau est un adulte en pleine force d’humanité, et de croyance ferme et résolue en Celui qu’il qualifie de Père. « Arnios= jeune agneau » est utilisé au pluriel lorsque Pierre témoigne par trois fois de son amour : « Seigneur tu sais que je t’aime ». Jésus conclut « pais mes agneaux= arniois », mes humains, mes fidèles, qui sont au début d’une Foi vacillante  (comme tu l’étais) pour laquelle ils ont besoin d’être soutenus et affermis.

L’image d’agneau= arnios dans le livre de l’Apocalypse, est appliqué à Jésus ressuscité, à Jésus en gloire. Jésus dès la naissance est prémices offert à Dieu. Durant sa vie il était devenu un Rabbi écouté et suivi. L’Agneau immolé (sphazo), désormais en gloire auprès de Dieu est projeté par l’exilé de Palmos devant ses frères et compagnons, pour les inviter à tenir bon, à être dans une humanité de croyance et fidélité authentiques, en frères qui s’entraident : « Sois le berger de mes brebis.  Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » (Évangile du jour)… Le Pape ne peut être seul… nous non plus… Prendra-t-il des décisions qui n’étaient pas spontanément les siennes ? Jean Doussal

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