Notre-Dame de Bétharram continue de secouer la sphère de l’enseignement privé, et au-delà, bien au-delà, jusqu’à l’organisation de la justice, le ministère de l’Enseignement, Matignon et une ribambelle de potentats locaux. Un juge parle. Il a prévenu François Bayrou, il y a plus de 25 ans, de la lourdeur des charges pesant sur le directeur de l’époque. Un gendarme s’est ému de la libération surprise du principal suspect. Un second gendarme confirme que son collègue était à l’époque très troublé d’avoir été empêché de mener à terme son enquête. Pour le Premier ministre, qui nie toute connaissance de l’affaire, ils peuvent très bien se tromper.
La professeure de mathématiques qui a sonné l’alarme a été éloignée de l’établissement et diffamée par sa hiérarchie, sans que l’inspection ou le rectorat ne s’en émeuvent. Selon ce témoin, la propre femme de François Bayrou aurait assisté à de mauvais traitements à l’encontre d’élèves, mais le Premier ministre n’aurait été au courant de rien. Sa propre fille, scolarisée dans l’établissement, aurait subi un passage à tabac, avec acouphènes et ecchymoses, mais n’aurait rien osé dire à son père ; elle confirme par ailleurs que François Bayrou a bien rencontré le juge d’instruction. Ce dernier s’empêtre dans ses versions que tous les acteurs du dossier contredisent ; lui compris, puisqu’il se prévaut d’avoir demandé l’inspection de l’établissement à la suite d’éléments dont il prétend toujours n’avoir rien su.
Au-delà de l’enseignement catholique et des autres institutions qui n’ont pas rempli leur rôle de protection des enfants, la société dans son ensemble doit faire face à cette pluie de plaintes, dont 150 rien que pour cet établissement à qui la bourgeoisie du Béarn et même de Bordeaux confiait ses enfants. Les violences systématiques, des agressions sexuelles, voire des viols ont été commis sur des décennies.
La plupart sont prescrits, et les directions actuelles des établissements mis en cause, ainsi que leur propre hiérarchie, disent n’avoir rien en commun avec des actes qu’elles réprouvent (tout en attendant l’issue des procès quand ils sont possibles).
Plusieurs établissements d’enseignement catholique sont en cause. Avec des centaines de plaintes déposées, au total, portées par des collectifs d’anciens élèves, d’anciens pensionnaires. L’explication portant sur la responsabilité de quelques individus faisant preuve de perversité, voire de monstruosité, est insuffisante, car – au-delà – ces plaintes soulèvent un voile sur des modes de fonctionnement, sur la défaillance ou la complaisance d’institutions de contrôle, sur tout un système qui laisse se perpétrer, et peut-être encourage dans une certaine mesure, pour ensuite camoufler ce type d’atteintes à l’intégrité physique et psychique de nombreux enfants. Il faut rompre avec ce système, et la première étape est de déchirer la loi du silence, de l’entre-soi, qui laisse évoluer selon leur gré les institutions chargées de la reproduction des élites économiques, en éloignant, de fait, leur progéniture du reste de la population.
Bétharram : les leçons du #MeeToo de l’enseignement privé
Depuis février dernier, les révélations s’enchaînent avec la constitution de groupes d’anciens élèves, d’abord de Bétharram, puis de plusieurs autres établissements catholiques. Des plaintes sont déposées contre des atteintes à l’intégrité physique et psychique de nombreux élèves. Plus que des individus qui sont en cause, c’est tout un mécanisme qu’il faut mettre à jour, allant jusqu’au ministère.
Une pluie de plaintes s’abat sur plusieurs établissements de l’enseignement catholique. Ces actions en justice font suite à la constitution de plusieurs groupes d’anciens élèves qui dénoncent des violences systématiques, des agressions sexuelles, voire des viols ; tous commis sur des décennies. L’explication portant sur la responsabilité de quelques individus faisant preuve de perversité, voire de monstruosité, est insuffisante, car – au-delà – ces plaintes soulèvent un voile sur des modes de fonctionnement, sur la défaillance ou la complaisance d’institutions de contrôle, sur tout un système qui laisse se perpétrer, et peut-être encourage dans une certaine mesure, pour ensuite camoufler ce type d’atteintes à l’intégrité physique et psychique de nombreux enfants.
Partie du Sud-Ouest, la traînée de poudre a atteint la Bretagne et même la région parisienne. Dans les Landes, à Dax, plusieurs anciens élèves du collège Notre-Dame-du-Sacré-Cœur ont témoigné le 25 février sur les ondes d’Ici Gascogne (ex-France Bleu) d’avoir été agressés, voire violés par des encadrants. « Ils vous faisaient monter dans leur chambre pour soi-disant se confesser (…) », explique l’un d’eux, Marc. Scolarisé dans l’établissement entre 1960 et 1965, il a porté plainte en 2020. Elle a été classée en raison de la prescription. À la suite de ces témoignages, l’évêque Nicolas Souchu a annoncé, dans les colonnes de Sud-Ouest, une « visite des établissements catholiques » du diocèse.
À Ustaritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est le collège Saint-François-Xavier qui est visé par une plainte pour viol, révélée par Ici Pays basque (ex-France Bleu). Cette plainte met en cause des élèves, pour des faits remontant à 1983, mais interroge aussi la passivité de l’encadrement. Parallèlement, un collectif d’anciens pensionnaires dénonce les violences commises par des surveillants. La direction actuelle du collège condamne « sans réserve toute forme de violence (…) » et invite les témoins à contacter l’établissement (Mediapart, 04.03.25).
Un collectif d’anciens élèves de Notre-Dame-de-Garaison, à Monléon-Magnoac (Hautes-Pyrénées), vient de se constituer pour dénoncer des violences physiques et sexuelles dans cet établissement scolaire, qui accueille des mineurs de l’école au lycée. La première plainte a été déposée par l’un des membres du collectif, le 17 mars au parquet de Tarbes, contre un surveillant pour « violences aggravées, agressions sexuelles et viol » (RTL, 17.03.25). En juin 2009, la cour d’assises des Hautes-Pyrénées avait déjà condamné un ancien surveillant de l’établissement à quatorze ans de prison pour des atteintes sexuelles et des viols perpétrés sur plusieurs mineurs (Mediapart, 04.03.25).
Plusieurs collectifs d’anciens élèves libèrent la parole
Un collectif d’anciens pensionnaires, scolarisés entre 1960 et 1980 au collège Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon près de Brest, s’est, lui aussi, constitué. Il dénonce « un climat de terreur à tous les niveaux » instauré par des « professeurs semblant avoir été recrutés pour cela » (Ouest-France, 03.03.25). « Nous condamnons avec la plus grande fermeté tout acte de violence qui aurait pu se produire par le passé », a déclaré la direction actuelle de l’établissement.
À Neuilly-sur-Seine, dans l’une des villes les plus cossues de France, c’est le fonctionnement de l’institution Saint-Dominique qui a suscité la création d’un collectif de 700 anciens élèves. « J’ai été surprise par le nombre de témoignages. Ça a été une avalanche », souligne Constance Bertrand, qui en est à l’origine (France info, 07.04.25). Une dizaine de plaintes ont été déposées, la plupart sur des faits prescrits. Mais ce n’est pas la plainte pour viol déposée par Julia à l’encontre d’un ancien censeur, encore en activité auprès de jeunes dans un autre établissement catholique.
Les exemples se multiplient. Mais le déclencheur reste l’affaire Bétharram, révélée par Mediapart en février dernier. Il faut dire que, dans ce cas, le nombre de plaintes s’élève à 150 et qu’un ensemble d’institutions a évité, pendant des décennies, de donner des suites concrètes aux différentes alertes et plaintes déposées. Dans le cas de Notre-Dame de Bétharram (rebaptisée Beau-Rameau), dans les Pyrénées-Atlantiques, l’Éducation nationale et ses ministres ont laissé l’établissement sans contrôle, même après que son ancien directeur, le père Carricart, soit accusé en 1997 d’avoir violé un élève de 14 ans, puis mis en examen et placé en détention, en mai 1998 ; les élus locaux qui, comme François Bayrou – ancien ministre de l’Éducation nationale et président à l’époque du conseil général du département, donc chargé de la protection de l’enfance – rencontrent, la même année, le juge chargé de l’affaire sans toutefois réagir.
La justice non plus n’a pas été à la hauteur : le père Carricart est libéré en deux semaines et a pu s’envoler au Vatican, car il a bénéficié d’un contrôle judiciaire allégé. La justice a, dans le même temps, classé sans suite au moins douze plaintes (Mediapart, 28.02.25). Au moins l’un des mis en cause, à l’époque, se retrouve, trois décennies plus tard, parmi les trois personnes qui ont été placées en garde à vue, le 19 février dernier, dans le cadre de l’enquête judiciaire déclenchée par les témoignages d’anciens élèves. Ce dernier n’a néanmoins pas été mis en examen pour les faits de viol, d’agressions sexuelles et de violences volontaires sur mineurs de moins de 15 ans qui lui sont reprochés par 74 plaignants en raison du principe de prescription.
Une politique publique mal ajustée
L’absence de contrôle de l’enseignement privé est d’autant plus anachronique qu’il bénéficie d’un financement de la part de l’État à hauteur de 8,5 milliards par an, pour payer les enseignants, et de 1,2 milliard par les collectivités locales pour les investissements et l’entretien. Un chiffre qui n’était consolidé par aucune institution publique et que Mediapart a fourni au terme d’une enquête. Le sociologue Stéphane Bonnéry estime que ces montants importants sans contrepartie constituent une facette d’une politique délibérée des pouvoirs publics depuis près de 25 ans en faveur du privé (La Pensée, septembre 2024).
Entre 1998 et 2022, le sociologue a calculé que l’enseignement public avait perdu plus de 56 000 postes d’enseignants (−7 %), en pleine vague démographique, tandis que pour son homologue du privé sous contrat, la saignée se limitait à moins de 4 000 (−2,6 %). Les établissements publics sont obligés d’accueillir les nombreux nouveaux élèves, sans distinction de revenus ou de niveaux, sans augmentation de leurs effectifs enseignants, alors que le privé n’a pas eu à faire face à cette situation, tout en pouvant sélectionner ses élèves. Une dérogation qui a poussé à la spécialisation des établissements, comme le montrent les travaux d’un autre sociologue, Pierre Merle, dans le même numéro de la revue La Pensée (voir l’entretien aux pages suivantes).
« Alors que les collèges publics scolarisent 43 % d’enfants d’origine défavorisée, le secteur privé n’en scolarise que 18 %, soulignait déjà Pierre Merle il y a deux ans dans un article du Café pédagogique (22.05.23). De façon complémentaire, les collèges publics ne scolarisent que 19 % d’enfants d’origine très favorisée alors que le secteur privé en scolarise le double (40 %) ». L’embourgeoisement du secteur privé ne cesse de croître depuis 1995 en raison, aussi, de la fermeture plus fréquente des établissements au recrutement populaire et, en parallèle, d’une ouverture plus fréquente d’établissements situés dans les communes périphériques les plus aisées, selon Pierre Merle.
À mesure que les collèges privés se sont embourgeoisés, les collèges publics pauvres sont devenus encore plus pauvres, les collèges publics moyens ont eu des moyens encore plus chiches et le collège privé favorisé a été plus favorisé encore. Dans cet environnement, les résultats scolaires se polarisent également : les élèves qui avaient traditionnellement de bons résultats en ont de meilleurs encore, tandis que les élèves moins bons peinent encore plus. Il apparaît ainsi que les politiques publiques destinent de plus en plus les établissements publics à la formation des métiers d’exécution, tandis que leurs homologues du privé formeraient à l’encadrement. C’est donc largement les établissements de la bourgeoisie qui sont au cœur de la tourmente aujourd’hui. Cette proximité de l’enseignement catholique et des sphères du pouvoir est probablement l’un des mécanismes qui ont permis aux mauvais traitements d’être tus.
ENTRETIEN
Enseignement privé : « L’Univers catholique limite la capacité critique des fidèles à l’égard de l’institution et de ses déviances »
Propos recueillis par Pierre Lagnel
Humiliations. Sévices. Agressions sexuelles et même viols… Une dizaine d’établissements de l’enseignement catholique sont sur la sellette, avec des centaines de plaintes dans le cas de Notre-Dame de Bétharram. Pierre Merle, sociologue et spécialiste des politiques éducatives, décrypte un système en roue libre.
Les révélations se font à la fois très nombreuses et accablantes. Ces atteintes à l’intégrité des élèves, cette oppression et cette loi du silence s’expliquent-elles par un mode de fonctionnement plutôt que par des individus ?
Pierre Merle : Plusieurs éléments explicatifs peuvent être sollicités. Le premier est le statut juridique de l’enseignement catholique défini par la loi Debré de 1959. Son article 1 stipule que les établissements privés sous contrat ont un « caractère propre », qui n’est pas clairement défini, même par le Conseil constitutionnel. Ce « caractère propre » donne à une partie des chefs d’établissements l’impression qu’ils bénéficient d’une grande liberté, autorisant des pratiques qui seraient jugées non réglementaires dans l’enseignement public. La presse nous donne plusieurs exemples ces derniers temps : les classes non-mixtes du lycée Stanislas à Paris, en infraction avec le principe d’égalité filles / garçons ; un principe de laïcité qui ne s’applique pas de la même façon dans les établissements privés et leurs homologues publics depuis la loi de 2004.
La mise en avant de ce « caractère propre » a abouti à ce que les rectorats et le ministère de l’Éducation nationale ont tendance à laisser une grande liberté aux établissements privés et à très peu les contrôler. On peut extraire la statistique du rapport Vannier / Weissberg, d’avril 2024, qui constate qu’en 2022, seuls 5 établissements privés ont été contrôlés sur les 7 500 existants à l’époque. Il faudrait donc pas moins de 1 500 ans pour en faire le tour. C’est donc tout un secteur qui évolue dans une quasi-absence de contrôle.
Par comparaison, les établissements publics sont contrôlés dix fois plus souvent. Est-ce que le recrutement social de leurs homologues du privé explique en partie cette différence de traitement ?
P.M. : Nous aboutissons, en effet, à un paradoxe : les services de l’État contrôlent moins le secteur de l’enseignement privé sous contrat alors même que ses établissements ont une plus grande liberté de fonctionnement. C’est l’inverse qui devrait avoir lieu. À ce niveau, d’autres éléments peuvent être mobilisés pour expliquer ce paradoxe. Sans aucun doute, le manque de moyens, le manque d’inspecteurs, joue ; mais il y a aussi le recrutement social de l’enseignement privé. On y retrouve plutôt des enfants de catégories moyennes et aisées, les enfants des élites, pour le dire vite. Il y a donc un jeu de l’entre-soi et du non-contrôle des établissements, une version privée du « pas de vagues ». Les établissements catholiques sont intégrés à l’écosystème des élites. Dans le cas de Bétharram, il s’agit clairement des enfants de la bourgeoisie locale et même de Bordeaux. Ces établissements jouissent d’une réputation scolaire liée aux exclusions différées et cachées, qui permettent d’exfiltrer les élèves qui ne rentrent pas dans les logiques de l’excellent scolaire, de l’obéissance, voire du châtiment corporel. À Notre-Dame de Bétharram, les plus grands étaient parties prenantes des mauvais traitements à l’encontre des élèves les plus jeunes, notamment les lycéens qui assuraient parfois la surveillance des collégiens dans les internats.
Dans l’affaire Bétharram, la femme de François Bayrou donnait des cours de catéchisme dans le lycée, mais n’a jamais rien rendu public. Est-ce que les parents jouent eux aussi un rôle dans le fonctionnement de ce système ?
P.M. : Oui, c’est le deuxième élément d’explication. Les parents font le choix de scolariser hors du public. C’est un choix, un engagement ; il est ensuite difficile de le remettre en cause, d’en venir à penser que le public serait finalement mieux, plus adapté à leurs enfants. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser le fait qu’il leur est difficile d’entendre leur enfant quand celui-ci rapporte une claque, un mauvais traitement, voire encore pire. Il y a une difficulté à revenir sur ce choix structurant de la scolarisation dans le privé. La confiance des parents est d’autant plus grande que les établissements privés ont pour objectif affirmé de transmettre non seulement une instruction, mais aussi une éducation, c’est-à-dire une formation morale et, éventuellement, religieuse. Ce choix des parents implique une grande confiance dans l’établissement privé. Ce choix éducatif s’articule avec le troisième élément d’explication : l’établissement d’enseignement catholique dispose d’une autorité morale qui renvoie aux principes de l’Église, comme « l’ouverture vers les pauvres », « la solidarité », etc.
L’autorité morale est imposante, l’établissement catholique éduque en fonction, selon ses statuts, d’une « mission que le Christ lui a confiée ». Cette autorité s’incarne dans les prêtres qui, en quelque sorte, sont des représentants terrestres du Christ. Il est difficile, pour les parents, de penser que des personnes reconnues pour leur stature morale puissent se livrer à des agressions et porter atteinte à l’intégrité psychique ou physique des enfants. On observe ainsi un ‘‘effet soutane’’ : l’autorité morale des prêtres leur permet plus facilement de nier pour ceux qui sont mis en cause. Il existe des témoignages de parents qui rentrent chez eux après avoir demandé des comptes à un ecclésiastique mis en cause par leur enfant et qui repartent troublés d’avoir pu suspecter une telle autorité morale. On a par exemple le cas d’une femme qui témoigne dans Le Parisien du 11 avril et qui regrette de ne pas avoir cru son frère qui lui avait désigné, il y a des années, un prêtre qui avait abusé de lui à Bétharram. Elle était allée le voir et celui-ci a eu recours à des mécanismes classiques de domination que lui procurait son statut d’ecclésiastique pour nier les faits, se disculper et reporter le soupçon sur l’enfant… Elle raconte la culpabilité qui l’avait étreinte à l’époque d’avoir pu le soupçonner. Il faut bien voir qu’une partie des parents et des proches participe de l’univers de l’Église où la messe peut être lue comme une grande mise en scène (l’autel posé sur l’estrade, une parole unique, le cérémonial, etc.) destinée à surélever la parole des clercs par rapport aux simples fidèles. Cet univers ‘‘sacré’’ limite, de fait, la capacité de critique de ces derniers à l’égard de l’institution et de ses déviances.
Des inspections tous les millénaires, c’est un problème, mais vous soulignez aussi que la manière dont celles-ci sont réalisées n’est pas satisfaisante. En cas de manquements, les inspections sont-elles suivies d’effets ?
P.M. : Le « caractère propre » des établissements privés aboutit au fait que celui-ci est susceptible de négocier les modalités et le moment de l’inspection, comme dans le cas du lycée Stanislas. Or, pour être efficace, une inspection inopinée est plus efficace. Alors que, en principe, le rectorat a la charge de l’inspection, cette règle fait l’objet d’accommodements discutables. Un représentant de l’enseignement privé peut être présent parmi les membres de l’inspection sans que le rôle de ce représentant soit clairement défini.
À Bétharram aussi, une inspection de 1996, dont la presse a rappelé l’existence, est parvenue à des conclusions pour le moins aberrantes en affirmant que les élèves vivent leur scolarité « dans un climat de confiance » alors que les pratiques d’humiliation étaient connues de tous les élèves. Autre particularité de cette inspection, l’enseignante qui a lancé l’alerte a fait l’objet de critiques relevées dans le rapport d’inspection sans que celle-ci soit entendue par l’inspecteur. Cette conclusion est contraire à toutes les règles : l’inspection a pris, de fait, partie pour la direction de l’établissement alors qu’elle aurait dû procéder à une analyse contradictoire de la situation.
Un autre problème tient au fait que, si les inspections ne sont pas biaisées, les recommandations ne sont pas, ou pas toujours, suivies d’effets… À Stanislas, le rapport d’inspection pointe le climat sexiste, les propos homophobes et a formulé des recommandations pour y mettre fin. Mais aucune sanction n’est présentée et une autre inspection n’est pas programmée pour vérifier si les recommandations ont été mises en œuvre. Par exemple, il existe une formation chrétienne obligatoire alors qu’une telle formation est interdite, car les établissements privés, selon la loi Debré, doivent respecter la liberté de conscience des élèves. À Stanislas, cette formation est toujours présente et obligatoire, malgré le rapport d’inspection. Cette absence de sanctions est d’autant plus grave si l’on fait une comparaison avec le groupe scolaire musulman sous contrat Averroès. Son contrat avec l’État a été résilié par le préfet pour des « manquements graves aux principes fondamentaux de la République » alors que l’inspection générale avait rédigé un rapport favorable ne demandant nullement la résiliation du contrat ! De surcroît, ce rapport d’inspection n’a pas été communiqué à la direction ; ce qui veut dire que cette dernière ne savait même pas ce qui lui était reproché. L’affaire est en jugement, mais le représentant du parquet a indiqué que cette non-communication du rapport constitue une faute de procédure pouvant mener à l’annulation du dossier. Mais, même si le lycée rentre dans son droit, je dirais que le mal est fait : la réputation du lycée a été atteinte et le nombre de ses élèves a été réduit de 40 % en raison de l’augmentation sensible des droits d’inscription. Le traitement du lycée Averroès est à l’opposé de la mansuétude pratiquée pour l’enseignement catholique qui, lui, a été mis en cause pour des faits autrement plus graves.





Une réponse sur “Toute la société est concernéeBétharram : les leçons du #MeeToo de l’enseignement privé”
Mais quelle hypochrisie,,,H.Y.P.O.C.H.R.I.S.I.E, c’est compris ?
Incroyable de FAIRE SEMBLANT de découvrir un pnénomène qui est visible depuis au mons une cinquantaine d’années, déclaré, décrit par les victimes et des enquête approvondies,
Cela, est connu dans tout le monde médiatico-religieux
Sauf chez les concernés, les criminels, les responsables à TOUS les niveaux, comme c’est étrange !!!
On on nous rabache, conclave, conclave,,,
Z’avez pas quelque chose de plus urgent même, minables responsables religieux !