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L’avenir de l’église en zone grise

Dans un article publié sur son blog « Settimo Cielo » le 3 avril dernier, le vaticaniste Sandro Magister relativise le boom des baptêmes annoncés à l’occasion de Pâques par plusieurs Églises catholiques occidentales. Une analyse menée à partir des travaux du centre de recherche statistique « Pew Research Center » de Washington aboutit à la conclusion suivante : un effondrement sans précédent de l’appartenance à l’Église catholique en Occident. Le phénomène est particulièrement important en Italie, puisque pour chaque personne entrée au sein de l’Église catholique, plus de 28 l’abandonnent. Suivent l’Allemagne (19), la France (15) et la très catholique Pologne (12 sortants pour un entrant).
Selon Sandro Magister toujours, le nombre de personnes qui quittent l’Église est massif, surtout chez les jeunes. Pas moins de 44 % des Italiens âgés de 18 à 34 ans disent avoir abandonné la foi catholique de leur enfance et ne plus appartenir à aucune religion aujourd’hui, contre 16 % des adultes âgés de 35 à 49 ans et 17 % des 50 ans et plus. Le niveau d’éducation a également un impact. Parmi les Italiens ayant un niveau d’éducation supérieur, 33 % déclarent avoir quitté l’Église et ne plus s’identifier à aucune religion, contre 21 % de ceux qui ont un niveau d’éducation inférieur.


Pour le cas spécifique de l’Italie, l’avenir dépendra de la « zone grise » de ceux qui sont peu ou pas pratiquants mais qui continuent pourtant à déclarer appartenir à la religion catholique. Une étude publiée fin 2024 du CENSIS, un important institut italien de recherche sociologique, a fixé à 71,1 % la proportion de la population adulte qui, en Italie, continue à se déclarer « catholique ». Cependant, à peine 15,3 % des Italiens se déclarent catholiques pratiquants, tandis que les autres déclarent ne participer que rarement aux célébrations de l’Église (34,9 %) ou se définissent comme « catholiques non pratiquants » (20,9 %). Ce sont donc 55,8 % d’Italiens qui constituent la « zone grise ». Parmi ceux-ci, plus de la moitié ne se reconnaissent pas dans les institutions de l’Église, ils affirment qu’ils ne vont pas à l’église parce qu’il suffit de « vivre la foi intérieurement », mais tous sont d’accord pour considérer le catholicisme comme faisant partie intégrante de l’identité et de la culture nationale. La faculté de l’institution à se renouveler et à se décaler des seuls préceptes moraux permettra de faire pencher la balance dans le bon sens. Au risque sinon d’une hémorragie encore plus importante.  Alexandre Ballario

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