Un an après avoir été interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale, le débat sur la fin de vie a fait son retour dans l’hémicycle le lundi 12 mai, avec l’examen de deux propositions de loi : l’une créant « un droit à l’aide à mourir », et l’autre se penchant sur les soins palliatifs. En amont, les députés avaient approuvé le 9 mai en commission des Affaires sociales la proposition de loi d’Olivier Falorni (MoDem) créant un « droit à l’aide à mourir », pour permettre à des malades avec une « affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale » et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s’administrer une substance létale. Tout comme lors du débat initial du 23 mai au 7 juin 2024, il faut compter dans le débat public en la matière sur les assauts de la droite politique française, de l’extrême droite, mais aussi de nombreux lobbys catholiques dont les argumentaires sont souvent largement repris par les évêques français. On pense notamment aux Associations familiales catholiques (AFC), au collectif « Soulager mais pas tuer », à la Fondation Jérôme Lejeune, à la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) proches des milieux catholiques de droite, ou l’ultraconservatrice Alliance Vita connue aussi depuis des années une grande croisade anti-IVG.
D’ailleurs, dès le premier jour de la reprise des débats, Alliance Vita a organisé des « happenings » dans une cinquantaine de villes françaises pour s’opposer aux deux projets de loi issus de la convention citoyenne de 2022. Comme le rapporte France Info, Alliance Vita incite ses sympathisants à alerter les élus par courrier. Face à la crise du système de santé et « faute de soutien et de soins adaptés », « cette prétendue aide à mourir » risque de « s’imposer » aux patients en fin de vie, est-il écrit dans un modèle de lettre à adresser aux députés. N’ayant jamais peur des raccourcis et des caricatures, le ministre LR de l’Intérieur, Bruno Retailleau, se joint à la contestation tout comme Jordan Bardella : « Une société qui n’a plus les moyens d’accompagner la vie jusqu’à son terme ne se grandit pas en légalisant la mort comme une solution par défaut ». L’argumentaire est donc clair : pas besoin de penser la question de l’aide à mourir du moment que les soins palliatifs sont renforcés. Pas si simple pourtant, d’autant plus la France possède toujours un énorme retard dans l’accès aux soins palliatifs qui doit être traité de manière urgente. Près de la moitié des malades susceptibles de recevoir de tels soins meurent sans avoir pu en bénéficier, soit environ 180 000 patients chaque année, selon une estimation de la Cour des comptes.
De son côté, Eric de Moulins-Beaufort, qui quittera la présidence de la Conférence des évêques de France (CEF), a réagi mardi 6 mai 2025 sur X aux propos d’Emmanuel Macron : « Non, Monsieur le Président, le choix de faire mourir et d’aider à se tuer n’est pas celui du moindre mal. C’est celui de la mort tout court », écrit l’archevêque de Reims en réponse aux propos présidentiels. Selon lui, le « choix » de « faire mourir » est « celui de l’abandon et du refus d’aider jusqu’au bout ». Même son de cloche de la part d’Olivier de Germay, archevêque de Lyon, s’adressant aux députés : « Nous avons besoin de responsables politiques qui aient le courage d’aller à contre-courant ! Comme l’histoire nous l’a maintes fois montré, ouvrir des brèches dans l’interdit de tuer ou banaliser la mort provoquée favorise l’expansion de la violence et encourage une culture de l’indifférence. » Oubliant, comme beaucoup d’opposants, que si ce sujet doit être traité avec beaucoup de précautions et garde-fous, certaines souffrances ne trouvent aucune réponse au-delà des soins palliatifs. Alexandre Ballario





Une réponse sur “Fin de vie : le retour de l’ordre moral”
Doit on laisser souffrir, sans solutions, parce qu’il n’y en a pas, sans soins paliatifs qui N’EXISTENT PAS..
Bonne question, mais sans réponse …
Nous sommes dans une république de droit laïc, les lois sont faites pour tous les citoyens, adeptes ou pas d’une quelconque philosophie.T
Tous sont encore libres, heureusement, de décider CE QUI EST LE MIEUX POUR EUX !
Personne d’autre. PERSONNE !
Avez-vous compris, obscurantistes ???