Dans ce texte et dans le billet qui va suivre, nous allons d’abord voir le passage de Luc[1] qui évoque la prise de conscience de la présence du Maître de Nazareth au milieu d’eux, puis nous aborderons (Billet N° 867) l’ascension de Jésus proprement dite.
Non ! Jésus n’est pas re-venu au milieu des Disciples ; il est venu au milieu d’eux !
Ce récit est (encore) un midrash fait pour amener à comprendre comment la présence de Jésus, présence qui ne peut plus être physique après le 7 Avril 30 à 15h, peut être vraie, réelle, même si elle n’est pas présence physique, dans ceux qui voudraient bien se laisser habiter par son enseignement, c’est à dire sa personne et sa vie.
Après Emmaüs
« 33 Et se relevant, pris de chagrin à cause de cette heure-là, ils retournent vers Jérusalem, et ils trouvent les onze rassemblés une fois pour toutes, et ceux qui sont avec eux, 34 disant que, en réalité, il est réveillé le Rabbi, et il est vu par Simon. 35 Et ceux-ci mêmes exposent d’un bout à l’autre les choses arrivées en chemin, et comment il est connu par eux dans l’action de briser le pain. » (Lc 24)
Les deux disciples qui viennent de comprendre que le Maître habitait cet inconnu qui les a accompagnés sur leur chemin s’en sont retournés à Jérusalem, le centre du monde juif. Alors que les autres midrashîm desdites apparitions se déroulent tous en Galilée (« C’est là qu’ils me verront » en Mc 16,7, en Matthieu 28, 7 ou en Jean 21 au bord du Lac), Galilée qui a été le lieu de l’expérience de la présence toujours vivante de Jésus dans les premiers disciples autour de Simon, Luc insiste sur le rôle essentiel de Jérusalem, où il va situer également la Pentecôte avec le don des langues du monde d’alors, c’est à dire l’ouverture décidée au monde, hors d’Israël ; ouverture qui ne peut guère être antérieure à la fin des années 50, peut-être même 60[2]. Mais resituer les choses importantes à Jérusalem est une manière de proposer les Églises qui se constituent comme le véritable judaïsme de l’avenir… ?
Ces Églises dont les dirigeants ont inventé la nomination des Douze Apôtres[3] (qui n’ont pu être mis en place qu’après la lettre de Clément écrite en 96) alors que l’on a, après 90, des difficultés à imposer l’autorité des Épiscopoï[4] à des Assemblées qui ont été délibératives pendant plus de 40 ans et qui se retrouvent désormais sous le joug d’une autorité unique, celle de l’Évêque. Ce sera chose plus aisée après cette invention des Douze, soi-disant nommés par le Christ lui-même, et devenus du coup les prédécesseurs indiscutables des Évêques ; “Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?” ont dû se dire Ignace d’Antioche, Clément et leurs collaborateurs ! Après 90, même si la délibération avait vécu, son souvenir était encore tenace !
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