L’Institut de sociologie pastorale (SPI) a publié, le 2 juin 2025, une enquête pilotée par la sociologue des religions Isabelle Jonveaux auprès de jeunes catholiques âgés de 16 à 30 ans en Suisse romande. Le SPI est un outil très intéressant dont s’est dotée l’Eglise suisse. L’Institut de recherche analyse les mutations religieuses, mais aussi culturelles et sociales à l’œuvre dans la société actuelle. Les constats et les résultats auxquels aboutissent ces travaux de recherche servent notamment de base à l’élaboration de concepts et de perspectives pour la planification pastorale et l’action de l’Eglise catholique en Suisse. Sur la base d’un questionnaire retourné à hauteur de 500 réponses exploitables, ainsi que des entretiens menés avec certains jeunes, Isabelle Jonveaux observe que les jeunes témoignent d’une réelle exigence croissante envers l’institution qu’ils n’hésitent plus à critiquer ouvertement, lorsqu’ils estiment qu’elle ne tient pas suffisamment compte de leurs demandes. Par ailleurs, l’institution n’est plus aussi crédible qu’il y a encore trente ans en arrière. Les jeunes valorisent davantage une démarche personnelle, et attendent moins que l’Eglise définisse la religion lorsqu’elle ne correspond pas à leur cheminement. Pour autant, l’expérience spirituelle doit être vécue en commun, et l’échelle de référence est désormais davantage la paroisse. Ils ont donc des attentes par rapport à cela et sont souvent déçus parce que la paroisse ne leur propose pas ce qu’ils souhaiteraient y trouver.
Interrogée par le média Cath.ch, Isabelle Jonveaux explique que « ces jeunes catholiques remettent en question plus frontalement l’institution ». Par ailleurs, « ces jeunes ont un certain niveau d’exigence de qualité par rapport à ce qu’on leur propose et qu’ils savent très bien formuler : qu’on leur propose des activités en paroisse, qu’on leur explique la messe, la théologie et que les prêtres prennent en compte leurs demandes. La plupart expriment clairement ces attentes et exigent un niveau de qualité esthétique dans la liturgique ou sur le fonds. Sachant que des jeunes passent par des situations complexes telles que le divorce des parents, ils ont des vraies questions et ils attendent que l’Église soit cohérente avec ce qu’elle annonce et avec ce qu’ils trouvent dans la Bible et que l’Église ne vit pas forcément ». Il y a fort à parier que ces impératifs exprimés par la jeunesse romande sont partagés bien au-delà de frontières suisses. Plus que jamais, l’Eglise catholique se doit de penser l’accompagnement de sa jeunesse dans la société car il n’est pas toujours simple d’être jeune, qui plus est croyant et pratiquant. Alexandre Ballario

Nicée: le pape Léon à la recherche de l’unité perdue
Les Eglises catholique, orthodoxe et protestante fêtent cette année les 1700 ans du Symbole de Nicée (cf. Golias Hebdo n° 875). A cette occasion, le pape Léon va faire un «voyage apostolique» en Turquie et au Liban (27 novembre-2 décembre).



