Dans sa grande croisade visant à restaurer le catholicisme en France dans son acception la plus conservatrice, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin a notamment financé la création, via le Fonds du bien commun, de l’Observatoire français du catholicisme. Cet observatoire a été lancé à Paris le 2 juin 2025 et vise, selon sa directrice Aurélie Pirillo, à « produire des analyses régulières et accessibles sur la vie catholique dans notre pays ». Pour l’occasion, l’OFC a publié les résultats d’une étude commandée à l’Ifop et intitulée : « Identité, pratiques et perception du catholicisme en France ». De manière plutôt surprenante, on y apprend tout d’abord qu’une majorité de Français sont sensibles à la spiritualité. Ils sont 52 % à prier ou méditer « souvent ou parfois ». Ils ne savent pas forcément à qui destiner leur quête spirituelle, mais près de 46 % disent s’adresser à « Dieu », 19 % à la « Vierge Marie », 18 % à « Jésus-Christ », 18 % à « personne en particulier », 8 % au « cosmos » et 5 % à « des saints ».
En revanche, en écho aux travaux d’Isabelle Jonveaux en Suisse, la participation à la vie communautaire et aux sacrements n’a de cesse de diminuer : 66 % des personnes baptisées ne vont jamais à la messe et seules 2 % des personnes baptisées assistent à la messe tous les dimanches. Seulement 17 % des sondés se considèrent comme chrétiennes croyantes et pratiquantes, tandis que 83 % ne le sont pas. Par ailleurs, la pratique de la religion catholique tombe en désuétude, 81 % des Français se déclarent en « quête spirituelle ». Une foi plus diffuse et moins institutionnalisée qui témoigne cependant d’un véritable besoin de transcendance.
Et le pape Léon XIV ne s’y trompe pas. Dans sa lettre adressée aux évêques français le 31 mai dernier, il a appelé les catholiques via leurs prélats à « réveiller l’espérance » et susciter, à travers leur exemple, « un nouvel élan missionnaire » en France. « Dieu peut, moyennant le secours des saints qu’Il vous a donnés et que vous célébrez, renouveler les merveilles qu’Il a accomplies dans le passé. » Faisant écho clairement à l’héritage mystique de trois saints français connus mondialement : Saint Jean Eudes, Saint Jean-Marie Vianney et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face dont le centenaire de la canonisation est célébré en 2025. « Les Saints n’apparaissent pas spontanément mais, par la grâce, surgissent au sein de Communautés chrétiennes vivantes qui ont su leur transmettre la foi, allumer dans leur cœur l’amour de Jésus et le désir de le suivre. Cet héritage chrétien vous appartient encore, il imprègne encore profondément votre culture et demeure vivant en bien des cœurs. » Viser le renouveau en faisant appel à l’héritage du passé… Et si Léon XIV venait de nous donner un indice clair sur sa ligne pontificale ? Alexandre Ballario





7 réponses sur “Eglise de demain : entre espoirs et résignation”
Je suis très étonné que seulement 2% des baptisés assistent à la messe.
J’étais persuadé que les catholiques s’étaient enthousiasmés par la messe réformée de 1969 et que depuis l’instauration de la réforme liturgique la pratique religieuse avait considérablement augmenté.
Me serais- je trompé ?
Vous êtes très étonné ? C moi qui le suit de vous lire ! Vous ne devez pas être très impliqué dans la vie de l’église pour ne pas avoir remarqué que la pratique religieuse est en voie de disparition pour devenir, enfin, une manière d’être et de Vivre.
Pratiquer n’est plus du tout aller dans les églises, mais se comporter, du moment où l’on se lève jusqu’au moment où l’on se couche, comment se comporter avec toutes les personnes rencontrées est certainement le dernier chemin qu’il nous reste à franchir..
🙂
Voilà une ironie un peu facile.
De leur côté, les sites « tradis » déplorent les récentes nominations de Renzo Progoraro à la tête de l’Académie pontificale pour la vie et de Mgr Mac Kinlay, en Australie, jugés l’un et l’autre trop progressistes. Pour eux, ce sont de » mauvaises nominations ».
Il me semblait que ce TD avait été viré! Vous êtes bien bons!
Il faut bien aussi « savoir » de temps en temps ce que formante …..
de Souchon
« …Pratiquer n’est plus du tout aller dans les églises, mais se comporter, du moment où l’on se lève jusqu’au moment où l’on se couche, comment se comporter avec toutes les personnes rencontrées est certainement le dernier chemin qu’il nous reste à franchir..
?
»
Vivez sereinement en bonne intelligence avec l’autre, à son écoute et disponible, sans faire le moindre tort à autrui.
Le Créateur n’a pas voulu d' »Église », ils l’ont inventée !
Oui, c’est le meilleur moyen d’être en phase avec la parole du Nazaréen.
Les blablas, les mensonges avérés et par omission, les décors, la position d’appartenance a une « classe élue », qui seule, sait tout, peut tout (et applique son contraire !) , c’est terminé !