Depuis plusieurs mois, la Radio Chrétienne Francophone (RCF) vit des heures mouvementées. Après plus de quarante ans d’existence à Lyon, acculée par des difficultés financières, RCF a amorcé l’année dernière une fusion progressive mais inexorable avec sa concurrente parisienne Radio Notre Dame en attendant une fusion complète des deux entités. Depuis septembre 2024, les deux radios partageaient l’intégralité de leur grille, avec une matinale commune et une programmation unifiée sur 64 antennes locales en France et en Belgique. La fusion complète est désormais actée au grand damne des salariés de RCF, inquiets d’un basculement éditorial de leur antenne vers un discours plus conservateur, flirtant parfois avec l’extrême droite.
Historiquement marquée par une ligne œcuménique et conciliaire, fidèle à l’esprit du catholicisme social lyonnais, RCF voit donc débarquer certains animateurs et intervenants réguliers associés à des médias douteux. Dans le viseur, Louis Daufresne, éditorialiste de la matinale, proche des milieux catholiques identitaires, habitué des plateaux de Cnews. RCF bataillait depuis plusieurs années pour exister face à la ligne nauséabonde des médias du groupe Bolloré (Cnews, C8, Europe 1, Paris Match ou encore Le journal du Dimanche). Voilà que le poison se distille désormais en interne.
La ligne éditoriale n’est pas la seule raison du mécontentement des salariés qui assistent impuissants à cette alliance de circonstance causée par l’érosion des dons et le désengagement progressif des évêques, principaux bailleurs du réseau avec environ 4,5 millions d’euros par an. Les représentants du personnel dénoncent une gestion autoritaire et un climat de défiance. Les critiques visent sans le nommer Bruno Courtois, ancien directeur général de Radio Notre Dame, nommé à la tête de la nouvelle entité, décrit comme un gestionnaire rigide venu pour « mutualiser » à marche forcée. Conscient des remous actuels, le directeur éditorial Philippe Lansac a expliqué que RCF-Notre-Dame doit devenir un « média de conviction », qui « témoigne des valeurs de l’Évangile », ose le pluralisme et porte « un regard chrétien sur tous les aspects de la vie des hommes ». Un média au « ton apaisé et respectueux », en réponse à l’invitation du pape François à « désarmer la communication ». Tout un programme. Alexandre Ballario





4 réponses sur “RCF – Radio Notre-Dame : un mariage forcé”
La « ligne œcuménique et conciliaire » a souvent pu être le contraire du « catholicisme social » dont les racines « anti-modernes » sont bien connues des historiens.
Et votre article sonne curieusement comme un désir de pureté et d’uniformité. La coexistence de plusieurs dimensions et plusieurs styles dans un seul média semble vous faire peur.
» ..la ligne nauséabonde des médias du groupe Bolloré… »
Heureusement, heureusement, ils tiennent la tête de l’info, mon pauvre !
Ils sont debout, et les seuls non pollués par les tiers-mondistes gauchisants, QUI TIENNENT TOUS LES MEDIAS, dont ceux du « Service Public » !!!
De l’air frais, hummm… que c’est agréable !
Au moins, chacun y apporte sa foi, comme elle est.
Et je ne parle pas du haut niveau de ses journalistes, d’ailleurs, de toutes provenances ethniques et religieuses.
Un bon modèle pour les enrhumés du cerveau qui sévissent par ici.
Votre phrase de conclusion de votre message, nous engagerait à « vous fermer la porte » du forum par crainte de la contagion !
Nous ne pensons pas, à GOLIAS, être en possession d’un rhume du cerveau !
La Modération.
Ma remarque n’était pas destinée à Golias !
Je n’aime pas qu’on traite une forme de la liberté d’expression de « ligne nauséabonde »
Le coté « nauséabond » c’est justement l’esprit de cette remarque imbécile et non documentée.