A l’occasion du dimanche de la Pentecôte, le 8 juin dernier, le très impersonnel Parc des expositions de Toulouse avait été loué par le diocèse afin d’y célébrer une messe XXL. L’archevêque Guy de Kérimel avait vu les choses en grand. Des danses, tables rondes, orchestres, chorales et chants de louanges ont animé la journée conclue par une messe célébrée par ce dernier devant 15 000 fidèles. Une manière de marquer le coup dans le cadre du Jubilé 2025 selon le diocèse. Et rien n’est trop beau quand il s’agit de démontrer la persistance d’une ferveur catholique. Sur les ondes d’Ici Occitanie, Guy de Kérimel a mis l’accent sur la volonté de « vivre un temps fort ensemble. Il y a une baisse de fidèles catholiques en France et en même temps on assiste à une augmentation de jeunes et d’adultes qui frappent à la porte et demandent le baptême ou des personnes qui ont été baptisées enfants et qui demandent à intégrer l’Eglise, à vivre vraiment en chrétien. C’est très beau. »
Cette cérémonie, les fidèles s’en souviendront tout comme les finances du diocèse qui a déboursé au total 400 000 euros pour cette seule et unique journée. Le traditionnel et inévitable appel aux dons a été lancé auprès des fidèles pour limiter la casse. Peut-être est-ce pour cela que l’archevêque toulousain a prêché la pauvreté : « Seul le Saint-Esprit donne le désir d’évangéliser. Mais Il ne donne pas de recette. C’est uniquement l’expérience de notre pauvreté qui permet à la puissance de l’Esprit Saint de se déployer. Cette expérience demande de se réconcilier avec ses pauvretés, de renoncer à ses propres points de vue et d’accepter d’être vrai ». La dimension d’évangélisation d’une telle journée n’aurait surtout pas pu s’incarner sans la présence de 150 prêtres, diacres et religieux réquisitionnés ainsi que 300 bénévoles. L’archevêque pourra s’enorgueillir d’avoir célébré ce jour-là pas moins de 1 045 confirmations sous la bannière de l’unité puisque le diocèse a précisé que les paroisses, communautés religieuses et des catholiques de toutes sensibilités avaient répondu présents. Une usine à sacrements à l’américaine qui ne saurait faire oublier les difficultés rencontrées par l’Eglise catholique autant sur le plan des finances que sur sa capacité à attirer de nouveaux fidèles. A. B.