Jésus était-il charpentier ?
Les Évangiles sont affirmatifs sur un point : Joseph était charpentier, et Jésus était connu comme étant le fils du charpentier (« N’est-il pas le fils du charpentier ? » (Mattieu 13:5). Il est même parfois désigné comme étant lui-même charpentier : « D’où lui vient tout cela [cette sagesse et ces miracles] ? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? » (Marc 6:2-3 )
De là, certains en déduisent un peu vite que Jésus fut charpentier lui aussi. Cependant, il ne vous aura pas échappé – ou, au contraire, il vous a peut-être échappé – qu’aucune – je dis bien aucune – parabole n’est enracinée dans ce métier. Ainsi, aucune parabole ne reprend l’image de l’union étroite du tenon et de la mortaise, aucune n’évoque la poutre faitière, ni la solidité des piliers, ni les copeaux jetés au feu, ni la sciure foulée aux pieds. Rien, je dis bien rien, dans tous les Évangiles qui n’évoque ce métier alors que dans le même temps, des dizaines de paraboles évoquent le blé, le grain qui meurt et porte beaucoup de fruits, le grain de sènevé, le figuier, la vigne, le cep dont nous sommes les sarments qu’il faut émonder pour qu’ils portent beaucoup de fruits, les vendanges, le vin qu’on met dans les vieilles outres ou dans les outres neuves… Sans parler des paraboles qui évoquent le grand domaine, l’intendant honnête ou malhonnête, les ouvriers de la onzième heure, les mesures bien tassées, etc. On peut donc se demander si Jésus n’aurait pas plutôt été un de ces salariés agricoles embauchés à la journée sur l’un de ces grands domaines. Voilà une hypothèse qui aurait sans doute beaucoup plu à Dom Helder Camara !
Jésus avait-il des frères et sœurs ?
Depuis mon plus jeune âge, au catéchisme, on m’explique de différentes façons que quand, dans l’Évangile, on parle des « frères de Jésus », ce sont en fait bien évidemment ses cousins.
Balivernes. Toutes les études historico-critiques reconnaissent que les différentes justifications avancées ne tiennent pas debout. Et elles sont ampoulées, contorsionnées, embarrassées… Mais aucun de nos théologiens (tous célibataires consacrés) n’ose remettre en cause l’affirmation mariolâtre de base : « Marie toujours vierge ».
Croyez-vous vraiment qu’il n’y ait qu’une seule lecture possible du mystère de Marie ? Que Jésus ait eu des frères et sœurs change-t-il quelque chose aux cinq mystères joyeux, aux cinq mystères douloureux et aux cinq mystères glorieux ?
Quelle conception de la sexualité y a-t-il là derrière ? Toujours cette supériorité du célibat consacré sur le mariage ?
Là-dessus, l’Église proclame le dogme de l’Immaculée Conception (=Marie a été conçue indemne du péché originel »), mais celui-ci est mal compris, et même encore aujourd’hui la plupart des chrétiens croient que l’Immaculée Conception veut dire Conception virginale (=Marie a conçu Jésus sans relation sexuelle avec qui que ce soit). Quel embrouillamini !
Pour ceux qui tiendraient à tout prix à ce que Marie ait été « toujours vierge », il y a une échappatoire : ils peuvent dire que Joseph était un veuf plus âgé qu’elle (il est souvent représenté comme tel dans l’iconographie), que pour lui c’était un remariage, et qu’il avait déjà des fils et des filles. Ainsi Jésus aurait bien eu des (demi)frères et des (demi)sœurs : les enfants d’un premier lit de son père adoptif. Et du coup, la virginité perpétuelle de Marie est sauvegardée (Ouf !).
Mais certains dans l’Église ont (encore) un tel refus de la sexualité qu’ils voudraient que Joseph, lui aussi, ait été « toujours vierge » ! Pour eux, on ne peut être vraiment saint que dans la virginité et le célibat consacré… Un chrétien étonné : Vincent Plauchu





2 réponses sur “Un charpentier sans frères ni sœurs ?”
Bien entendu, Jésus avait des frères et soeurs de sang.
Chaque fois que l’Evangile en parle, c’est avec le terme grec αδελφός (adelphos) et αδελφή (adelphê) : étymologiquement, « frère (soeur) issu(e) de la même matrice ».
S’agissant de cousins, il aurait employé l’autre terme εξάδελφος (exadelphos) : « frère d’en dehors de la matrice ».
Qui veut comprendre, comprendra : c’est écrit noir sur blanc dans le texte évangélique. Inutile de chercher à tordre les mots pour leur faire dire ce qu’on veut qu’ils disent.
Et par conséquent, le prétendu dogme de la virginité perpétuelle de Marie s’effondre comme un soufflé, n’ayant aucun fondement scripturaire ni historique.
Beaucoup des faits des évangiles, écrits bien à postériori, ne sont que légendes, habillages enjolivés de faits réels simples, d’ailleurs traduites de façons tendancieuses après moult ratures et interprétations.
Dans les 4 Évangiles, la chronologie n’est pas respectée, des faits sont situés géographiquement dans l’un et ailleurs ou pas dans les autres.
Les faits cité comme ayant rassemblé des foules, ne sont même pas signalés à l’Empereur par aucune note courante officielle d’information de la hiérarchie romaine en Palestine.
Le personnage principal, Jésus le Nazaréen, n’avait pas attiré une attention particulière des autorités, contrairement a ce qui est rapporté par les évangiles.
Le doute reste entier.